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Parallèle 50: quelques hommes…

Artur London mentionne, dans son livre  L’Aveu, paru en 1968, sa participation à  la direction politique de Parallèle 50.

P50 N°31 25 janvier 1947
Parallèle 50 N°31 du 25 janvier 1947

André Simone, journaliste tchèque, de son vrai nom Otto Katz, fut exécuté en 1952, en Tchécoslovaquie,  dans le cadre du procès Slansky.

P50 N°32 1er février 1947
Parallèle 50 N°32 du 1er février 1947

André Ulmann. Journaliste, ancien résistant et déporté de Mauthausen.
Disparu en 1970. Il dirigea surtout la revue La tribune des Nations

TdN N°50 30 août 1946
Tribune des Nations N°50 du 30 août 1946

Edgar Morin. Il ne resta pas très longtemps dans ce journal. Dans Autocritique, Edgar Morin indique que « ce journal » lui a été interdit.

P50 N°73 2O décembre 1947

André Fougerousse. Ancien déporté de Mauthausen.
Il travailla ensuite dans la revue Constellation.
Je ne sais rien de plus sur cet ami de mon père.

P50 N°57 30 août 1947 fusion

 Constellation N°65

Voilà. Ces revues sont conservées précieusement à  la BNF ou à la BDIC de Nanterre.

Je n’ai trouvé qu’une seule étude universitaire sur Parrallèle 50.
Parallèle 50: un périodique tchécoslovaque, communiste et parisien contre la division de l’Europe 
de Françoise NOIRANT
On peut en lire des extraits ici:
http://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2000_num_59_1_403228

Par ailleurs on trouve de nombreuses référence à André Ulmann dans les livres de
Thierry Wolton, Le KGB en France, Dominique Desanti, Les staliniens 1944-1956 et Ce que le siècle m’a dit, Frédéric Charpier,  l’Agent Jacques Duclos.
Mais le personnage étant extrêmement trouble, à la fois grand résistant, membre de la résistance intérieure dans le camp de concentration de Mauthausen, mais aussi peut être agent d’influence soviétique, manipulateur dans le procès Kravtchenko (J’ai choisi la liberté), je laisse son mystère reposer.
Après tout qui cela peut-il encore intéresser?
Je referme doucement, avec ses rubans, le grand paquet gris contenant la revue
Parallèle 50 de la bibliothèque de Nanterre…

Caillou, le 2 août 2017

 

Gilles Ory, Militant !

gilles 04 juillet 2011 interview avanti
Gilles Ory, ante-diluvien par choix (vu que communiste…) baron de trezalouest par la naissance….
J’ai la grande douleur de vous annoncer une disparition brutale, celle de notre ami Gilles Ory, un camarade syndicaliste de SUD PTT, résolu, opiniâtre, fédérateur. Le batteur de l’ancien groupe de musique La Teigne était aussi un nouvel adhérent de Coup de Soleil Midi-Pyrénées. Il est décédé à la suite d’une crise cardiaque.Nous sommes très touchés et très tristes pour ses deux fils, Bastien et David,
pour sa familles et ses camarades de lutte.

L’incinération aura lieu lundi 15 mai à 11H40 à Cornebarrieu.
Quelques messages reçus

Salut à toutes et tous,

Je viens d’apprendre comme vous que Gilles était décédé et le choc est d’autant plus fort que j’étais à son pot de départ en retraite il y a une dizaine de jours à peine. Nous y avions beaucoup échangé sur les élections, le syndicat et lui aussi qui était encore au stade des questions sur sa vie personnelle mais déjà partant à nouveau pour des engagements auprès de Solidaires et ses militant-es.
Nous perdons un deuxième grand bonhomme de notre syndicalisme local après Claude. Cela me touche d’autant plus que j’ai plusieurs documents sur la bagarre pour notre représentativité au Ceser en 2011 que je manie beaucoup dans la période et qui portent leur marque commune quand ce n’est pas leur signature.
Je suis bien triste de cette nouvelle et le sourire comme le regard taquins et futés de Gilles me manquent déjà. En même temps je me dis que nous avons une responsabilité supplémentaire à organiser et poursuivre l’organisation, le fonctionnement et les combats de Solidaires 31 que Claude et Gilles ont mis tant d’énergie à porter et à défendre.
Mes amitiés à toutes et tous
Christian

Merci Christian pour ce message.
Ce sont des amis de la Teigne qui mon appris hier cette terrible nouvelle. Je suis comme toi et beaucoup d’entre les Solidaires toujours sous le choc et n’arrive pas à y croire. Solidaires perd un précieux militant. Gilles était venu avec la Teigne jouer pour mon départ en retraite en Aveyron . Un concert et un moment inoubliable à la lueur d’un lampadaire communal et sur un macadan un peu rugueux ils avaient joué, chanté fait passer des messages de lutte et de solidarité à un public de militants et syndicalistes convaincus mais aussi à un public de villageois aveyronnais émerveillés, tellement séduits qui n’ont pas hésité à rester jusqu’au bout de ce grand moment tellement ils avaient su les captiver. J’ai échangé et travaillé plus particulièrement avec Gilles alors que j’étais élue à la Région pour faire avancer le dossier de la représentativité de Solidaires au CESER. Je voudrais ici témoigner de son esprit d’ouverture, de son intelligence politique, de son souci de rassembler, de fédérer, de ses capacités d’écoute. Gilles était un bosseur, un militant sur qui on pouvait compter, discret, et efficace, soucieux et respecteux du collectif. Oui il a été un précieux maillon dans la défense de ce dossier qui a abouti à la représentaion de Solidaires au CESER . Je ne pourrai pas hélas être lundi à Cornebarrieu pour lui faire mes adieux et lui rendre hommage. Ce que je regrette beaucoup. Je serai de tout coeur avec vous.
Marie-Françoise

Bonjour Marc,
C’est vraiment une triste nouvelle que tu m’apprends là, surtout que faire de la musique ensemble, ça créé des liens particuliers, une entente au délà des mots.
J’ai envie de te raconter cette petite anecdote, lue dans un livre. Une petite fille demande si son papa, qui vient de mourir, va aller ou pas au paradis. La personne qui lui répond, est bien embêtée, car elle ne croit ni au paradis ni à l’enfer, alors elle lui dit que oui, parce que son père était un artiste, et que les artistes vont toujours au paradis, parce qu’ils ont passé leur vie à rêver la vie et à l’embellir pour eux et pour les autres. En espérant retrouver Gilles le batteur, au paradis des musiciens, au détour d’une note, d’une chanson, pour un bœuf unissant les vivants et ceux qui ont cessé plus tôt que nous de l’être, mais qui le sont toujours au cœur de nos musiques. Je t’embrasse et je pense bien à vous ce soir pour votre soirée autour de Gilles, en répétition avec mon groupe de trad, je lui dédierai en pensée cette valse : « ceux qui s’en vont ».
Bises,
Claire

Cher Gilles,

En un bien court trimestre, tu nous as apporté beaucoup. Beaucoup d’espoir. Tu nous a rappelé que la bataille se livre sur tous les horizons et partout dans le quotidien. Les conditions désastreuses de tous les boulots salariés et les combats que nous devons mener à la base (d’abord l’instruction des « jeunes recrues ») ont de quoi nous occuper dix vies.
Tu es passé comme quelque flamboyante météorite dans la nuit de nos désespoirs.
Cela ne s’oublie pas.
In girum imus nocte et consumimur igni.
Nous tournons en rond dans la nuit en nous consumant dans le feu.
Dominique

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Traces, absences, fantômes… Cracovie, Kazimierz et Podgorze.

Après le silence gris et glacé de Birkenau, retrouver les joies colorées et trépidantes d’une ville touristique comme Cracovie c’est un peu déconcertant.

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Nous avons changé d’hôtel et sommes allés au 24 Guesthouse, 24 rue SZLAK. Nous le conseillons vivement. C’est un peu plus loin du centre historique, au nord, mais c’est très calme, la chambre est spacieuse et c’est bien moins cher que le cloaque d’où nous venons.

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L’ancienne Halle aux draps.

Nous visitons la ville et allons en particulier Kazimierz. C’est maintenant un quartier de l’ancienne capitale polonaise mais il a été longtemps une ville à part entière, le centre de la culture juive de Pologne. C’est ce que montrait la très jolie maquette du musée Polin de Varsovie.

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Entre les deux le château Wawel, l’ancienne résidence des rois de Pologne, devenue, pendant la guerre, l’antre du Gouverneur nazi Hans  Franck.

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La synagogue Tempel, progressiste.

 

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Le marché de la place Nowy qui était le centre du quartier juif.
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La Haute Synagogue

Sur une jolie place, beaucoup de restaurants et de cafés célèbres.
Ce quartier vit beaucoup la nuit.

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Sur la place, la statue de Yan Karsky,  « Juste parmi les nations ».
C’est un résistant polonais.

Il a vu ce qui se passait dans le ghetto de Varsovie dans l’été 1942. Il a informé les Alliés que la « solution finale » donc l’extermination des juifs d’Europe avait lieu. Et ils n’ont pas voulu le croire.

Son témoignage, bouleversant est à voir dans le quatrième volet du film de Claude Lanzmann: Shoah.

Lire aussi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski

 

 

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La vielle synagogue.

Mais toute la ville a été vidée de ses habitants qui ont été déportés dans le ghetto de Podgorze, de l’autre côté du fleuve, puis très rapidement liquidés dans les camps et en particulier dans celui, tout proche de Plaszow.
Voir à ce sujet le film de Spielberg la liste de Schindler.

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Les chaises vides de l’ancienne place d’appel de Podgorze.
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Un petit bout du mur du ghetto.

Et dans une zone industrielle nous visitons le musée Schindler qui montre la vie d’avant la guerre, à Kazimierz, et la descente en enfer…

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La dernière salle du musée Schindler pose une question essentielle: qu’aurions-nous fait à la place des témoins de la Shoah ? Et les réponses, dans toutes les langues, sont souvent très belles et étonnantes. C’est en tout cas la première fois que je vois donner la parole à ceux qui ont vu et se sont tus.

Nous retournons dans la vieille ville…

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Le beffroi de Cracovie

que j’essaie de dessiner…

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Le beffroi de Cracovie

 

 

 

 

 

 

 

A suivre: Le retour à Varsovie.

Caillou, le 2 juillet 2016

Traces, absences, fantômes… Majdanek

Toute la population juive de Lublin a disparu. Mais où? Et bien une très grande partie a été massacrée dans le camp d’extermination, tout proche de Majdaneck. 235 000 victimes.

Pour aller voir ce camp, à 5 kilomètres, on peut prendre le trolley-bus N°156, en haut de la ville, à côte de la porte de Cracovie, mais attention, il y a deux arrêts « Majdaneck » et il vaut mieux s’arrêter au second.

Dès l’arrivée on voit le monument gigantesque qui domine les lieux de cet immense camp.

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Je ne vais pas décrire notre visite car ce qui est le plus épouvantable ne passe pas par les mots. Nous étions très peu nombreux ce matin là. Le ciel était gris…

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l’extérieur de la chambre à gaz
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La salle précédant la chambre à gaz.
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L’entrée de la chambre à gaz
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L’arrière du bâtiment
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Le bâtiment de la chambre à gaz en 1945
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Une des entrées du camp de concentration.

Beaucoup d’autres « blocks » en bois se visitent. Avec des documents, des photos, quelques films. et puis, tout au fond du camp un bâtiment en briques…

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Les fours crématoires.
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La montagne de cendres dans le monument en forme de coupole.

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Et puis, juste une image, des enfants juifs du ghetto de Lublin, pieds nus, souriants, à côté d’un soldat allemand qui photographie.

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Autant dire que l’on ne sort pas de là indemne. On a beau « savoir » ce qui s’est passé là, l’émotion qui nous saisit devant l’horreur épouvantable du crime qui y a été commis est bien au-delà. Nous n’avons pas toujours retenu nos larmes.

A suivre: Cracovie

Caillou, le 30 juin 2016

Traces, absences, fantômes… Lublin

Lublin est une ville historique, dans l’est de la Pologne, avec un vieux quartier en pente, le château en face sur une colline et tout autour le quartier juif dont la plus grande partie a été détruite par les nazis, transformé en espaces verts.

Nous y logeons dans un monastère dominicain transformé en hôtel, le Dom Na Podvalu. Il est situé juste sous les remparts. D’un côté le château de l’autre côté la ville…
Quel confort, quel calme! Grande chambre, superbe petit déjeuner… 

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Hôtel Dom na Podwalu, en contrebas

Le centre historique de Lublin est traversé par la rue principale, la rue Grodska, ouverte par une porte fortifiée, la porte de Cracovie, avec, au centre la place du marché, le Ryneck.

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Elle  est  refermée par une autre la porte Grodska, où se trouve l’association que je venais voir: le teatr NN.

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Cette association travaille depuis des années sur la mémoire juive de Lublin. C’est donc à la fois une sorte de musée avec des expositions permanentes et temporaires et un centre de documentation qui permet de reconstituer, à l’aide de photographie et de documents la vie des communautés juives qui habitaient pour un tiers cette ville polonaise avant la Shoah. Rue par rue, numéro par numéro, nom par nom, le teatr NN essaie de nommer et parfois de donner un visage à tous les disparus. Voir ici leur site, en polonais: http://teatrnn.pl

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La rue Lubartowska

Anna Langfus était née à Lublin. Dans une partie de la ville que les nazis n’ont pas détruite.  Rue Lubartowska.

En mars 1941, Anna, son mari ainsi que toute sa famille sont expulsés de cette maison pour être enfermés dans le ghetto.

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panneau exposé dans le musée de Majdanek
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La rue Cyrulicza

Ils s’entassent dans des chambres rue Cyrulicza. Elle arrive à fuir pour Varsovie, peut-être avec sa mère et son mari, mais le ghetto est liquidé, en plusieurs actions et ses habitants disparaissent en mars 1942.

Je me promène un peu dans ces lieux, séparés de la vieille ville par une voute.

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A quelques pas de l’animation du centre ville, de ses terrasses éclairées, les traces lépreuses de ce quartier sont encore bien visibles.

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Dans le musée du teatr NN on peut voir la maquette de la ville de Lublin avant la destruction du ghetto et la disparition des 46 000 juifs qui y vivaient.

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A suivre: Majdanek, le lieu de la disparition.

Caillou, le 29 juin 2016

Traces, absence, fantômes… Varsovie

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Je reviens de Pologne. Ce n’est pas un voyage facile et agréable. Bien sûr on peut aller visiter ce beau pays touristique, ses villes du moyen-âge, ses églises en bois, ses  forêts profondes… Mais ce n’était pas le but de mon voyage. J’y allais pour voir le pays d’Anna Langfus dont j’ai déjà parlé sur ce blog. Pour mettre des paysages, des lieux, peut-être des visages, sur cette histoire terrible qu’elle raconte dans ses livres et que son biographe, Jean-Yves Potel, détaille dans Les disparitions d’Anna. Depuis des années ce voyage s’imposait. Je vais donc essayer de le raconter ici, avec des images et parfois des conseils, (en vert) pour celles et ceux qui cherchent des renseignements pratiques.

Nous sommes arrivés à Varsovie le 6 juin au soir. Nous avions choisi l’Hôtel OKI DOKI qui se trouve sur la place Dąbrowskiego, dans le centre. C’est une sorte d’auberge de jeunesse très ouverte colorée et sympathique. Beaucoup de chambres avec des dortoirs, d’autres individuelles, toutes décorées. Ce n’est pas luxueux mais c’est convivial. Et Le prix lui aussi est plutôt sympathique.

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Dès le lendemain nous partons à la découverte de la ville. Entièrement détruite pendant la seconde guerre mondiale, son architecture en damier est donc celle des années cinquante. Avec de très larges avenues qui se coupent au cordeau on peut y voir l’héritage de l’urbanisme soviétique mais c’est aussi le cas des villes françaises reconstruites comme Brest ou le Havre.

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À Varsovie la vielle ville historique a été reconstruite à l’identique, d’après les dessins et les peintures baroques. On a donc un peu l’impression d’y évoluer dans un décor de cinéma.

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Tous les musées sont fermés le mardi. Il fait beau. Nous nous promenons donc dans le vieux quartier. 

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C’est de bonne heure. Il n’y a pas encore beaucoup de touristes. Juste quelques excursions de scolaires, (comme d’ailleurs nous en avons vus tout au long de notre voyage). Sur la place du marché, le Ryneck, encore calme à cette heure, des enfants jouent devant la statue de la sirène qui est l’emblème de la ville.

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Au nord du quartier nous en sortons par la barbacane et les remparts…

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et nous découvrons la statue du petit combattant, qui est un hommage à l’insurrection de Varsovie de l’été 1944.

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Avec son casque énorme et son pistolet trois fois trop grand, ce gosse est émouvant.

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Et puis plus au nord, au coin des rues Franciszkana et Zakroczmska nous découvrons la première trace du ghetto. C’est une photo qui montre le mur qui barrait la rue à cet endroit. Et l’on se rend compte de l’immensité du ghetto…

le ghetto de Varsovie 2

Nous pénétrons dans les rues, toutes reconstruites après guerre, de ce quartier nord de la ville.

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Sur une grande place nous voyons la silhouette massive du tout récent musée de l’histoire juive de Pologne, le musée Polin et en face le monument aux héros de l’insurrection du ghetto du printemps 1943.

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Cet art pompeux de la période stalinienne montre des héros plutôt bien nourris…

Puis nous recherchons, encore plus au nord du quartier, l’Umschlagplatz, ce lieu où les nazis rassemblaient les juifs pour les entasser dans les trains qui les emmenaient vers les camps d’extermination.

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C’est un monument bien plus émouvant et plus sobre, sur les bords d’une grande avenue passante. Il comporte des centaines de prénoms de victimes… Tout autour la vie continue, les passants tracent leurs chemins, les autobus klaxonnent… Il est midi.

Nous allons manger dans la vielle ville. Au Restaurant Goscinec, juste en face du rempart. Et nous découvrons les Pierogi. Ce sont des sortes de raviolis farcis. Ils peuvent être frits ou cuits à la vapeur. Nous les avons choisis farcis aux épinards pour l’un et aux choux et aux champignons  pour l’autre. La bière (à la pression) était de la Zywiec. Elle est assez douce. Après ce très bon et copieux repas nous allons digérer sur la grande place du Ryneck devant toutes ses maisons baroques.Numériser

Il y a maintenant beaucoup de monde, des touristes, des Polonais mais aussi et surtout des dizaines d’enfants amenés là en groupe par leurs écoles. Ils se précipitent pour acheter des pétards à un marchand ambulant et effaroucher les pigeons… Alors nous allons nous promener dans la ville moderne, ses larges avenues, ses gratte-ciel et ses magasins de mode…

Le lendemain nous allons visiter le musée Polin. C’est incontournable. Il montre l’histoire des juifs en Pologne depuis plus de 1000 ans. Donc c’est très grand. Une première partie, didactique, avec beaucoup de documents, des mannequins, des reconstitutions, des maquettes. On y apprend aussi beaucoup sur l’histoire de la Pologne. Jusqu’au 20 ème siècle et la richesse culturelle, politique, sociale que représentait le peuple juif en Pologne, avec toutes ses diversités et même ses oppositions. Mais c’est est aussi l’occasion de découvrir l’antisémitisme polonais d’avant-guerre, le numerus clausus pour éjecter les juifs de l’enseignement, les violences contre les magasins, les pogroms, les meurtres. Et puis, et c’est cela surtout que nous étions venu chercher, après l’invasion de la Pologne en 1939 comment les nazis ont organisés les ghettos puis la destruction physique des juifs de toute l’Europe en choisissant la Pologne comme le lieu principal de l’extermination.
On en sort éprouvés. Nous avons beau savoir par les livres, les films et les photos tout ce qui s’est passé ici, c’est toujours aussi impressionnant et incompréhensible.

Nous mangeons à la cafétéria du musée. C’est un self service ce qui est pratique car on peut voir ce que l’on va manger, ce qui est bien quand on ne lit pas le polonais et très peu l’anglais. C’est vraiment très bon et frais. 

Plus tard, à la fin de notre voyage, nous allons aussi voir, à l’autre bout du ghetto, un petit bout du mur qui a été conservé. Ce n’est pas facile à trouver car c’est dans l’arrière cour d’un bâtiment au 55/59 de la rue Sienna.

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On peut aussi aller voir le musée de l’insurrection de Varsovie. C’est un peu patriotique, anticommuniste, revanchard. Il glorifie la Pologne résistante et en particulier l’AK. Mais c’est très bien fait, avec énormément de documents et de mise en situation. Malheureusement quand nous l’avions visité il y avait énormément de visiteurs et en particuliers des groupes scolaires et c’est vite devenu éprouvant…

A suivre: LUBLIN.

Caillou, le 28 juin 2016

 

Une jeunesse kabyle

Une amie publie un livre, une bande dessinée.
Annelise y raconte la vie des jeunes kabyles de Tizi-Ouzou sur une période d’une quinzaine d’années entre les années 80 à la fin des années 90. On y retrouve la misère, la faim, la frustration sexuelle, le poids de la surveillance sociale, les flics, les islamistes, la peur, des anecdotes amusantes, des scènes épouvantables, un envie de vivre malgré tout… Et puis l’exil, le temps qui passe, les ami(e)s perdu(e)s…
Du coup on découvre tout un pan de l’Histoire algérienne récente. Cette Histoire qui, soi-disant, ne nous concerne pas, à laquelle on ne s’intéresse pas, ici, en France, juste de l’autre côté de la mer.

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Il y a quelques années, en 2012, j’étais avec elle en Algérie et elle m’avait croqué sur son blog. Elle faisait des repérages pour son livre… Je lui en pique une image. Elle me fait rire, car je suis le petit cochon moustachu à bretelles qui est à droite.Marc au bled

Bon, procurez vous ce livre dans les bonnes librairies.
Et pour les Toulousain(e)s, elle sera  :

À la Pizzeria Belfort 2, rue Bertrand de Born 31000 Toulouse (place Belfort)
le samedi 7 novembre à 19h00
Pour une soirée-dédicace-discussion… dans la salle du RDC avec le verre de vin qui va bien et les pizzas de Zoubir et Hafid bien sûr !

La poblacion la Victoria à Santiago du Chili

Un bouquet d’œillets rouges accroché à une porte du palais de la Moneda, au Chili.SONY DSC   SONY DSC
et une statue de l’ancien président, Salvador Allende, assassiné le 11 septembre 1973.SONY DSC                 DSC01329C’est de l’histoire ancienne?
Il faut oublier la dictature militaire qui a écrasé le Chili de 1973 à 1988 ?

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l’Apostasie n’est pas coranique !

CalasChapbookJean Calas torturé sur la roue

Les condamnations dont sont victimes des blogueurs comme Raef Badawi en Arabie Saoudite ou des journalistes comme Mohamed Cheikh en Mauritanie le sont sur la base de l’Apostasie. Aussi il est très intéressant de lire l’ouvrage de Mohamed Charfi, Islam et liberté, le malentendu historique, paru chez Albin Michel en 1999.

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Nécrologie

Un groupe de gens bizarres qui jouent avec les mots, tendance Oulipo, dans une cave en dessous d’un  bar de Toulouse, à St-Cyprien et voilà que je me retrouve avec un thème et des mots imposés:

Nécrologie

Javert (avec l’accent espagnol) repliant son journal dit à Vidocq :
– Tu as lu la nécrologie ?C’est à la page 12.
– Non, mais je sais que c’est juste au-dessus des mots croisés.
– Oui, et bien au lieu de te creuser lé ciboulot tu aurais mieux fait de la lire. C’est bien plus utile pour ton travail de flic.
– Je n’en ai qu’un de boulot. Pourquoi tu veux que j’en creuse six ?
– Oh le jeu de mot pourri ! Lire une nécro c’est comme remonter dans le passé, c’est trouver une résurgence. Lis ceci : La présidence française s’incline devant la dépouille mortelle de l’ancien président italien du conseil de l’Europe » et toi tu fais tes mots croisés !
– En quoi cette annonce intéresse le quai des Orfèvres? Tu ne serais pas en train de m’inciter à aller voter aux européennes ?
– Pas du tout. Mais cette annonce me rappelle une vieille affaire de vinaigre balsamique trafiqué ou cet homme politique avait trempé.
– Pourquoi ? Il se baignait dans du vinaigre ?
– Mais non, imbécile. Il était à la tête d’un réseau financier. Malgré le verrou politique le journal Il Manifesto avait sorti un entrefilet où il était surnommé « la fine aigrette ». Et son droit de réponse était d’une mauvaise foi cocasse. Il en est resté un doute. Téléphone à notre consultant milanais. Il doit y avoir encore un dossier sur lui.

Silence

Dans le grand bureau de Javert une affiche trône au-dessus du canapé : « La Liberté ou la Mort ! » Punaisée dessous une note de service interdit de coller des posters dans les locaux de la police judiciaire. Griffonné par dessus Javert avait écrit un vengeur « Poster o Poder ».

Après plusieurs coups de téléphone Vidocq revient dans le bureau. Il est en sueur :
– faudrait mettre la clim dans mon bureau, quelle touffeur !
– Alors, que dit notre collègue milanais ?
– Je n’ai pas tout compris à cause de l’accent. Il parle très lentement, un peu comme un légume. Ce doit être un zoophite. Et il compte en porain (ce doit être une monnaie à eux). Enfin bref il dit qu’il n’y a même plus de fumerolles dans cette d’affaire. Que c’est trop vieux. D’autant que maintenant il est mort.

Et ils sortent tous les deux du bureau, bien gentiment, bien que Javert ait vraiment une furieuse envie de balancer un coup de pied au cul à cet imbécile de Vidocq.

Caillou, le 19 juin 2014

 

Mots imposés :
contemporain – touffeur- présidence – résurgence – mauvaise foi – cocasse – verrou – consultant – droit de réponse – balsamique – fumerolle – postéropoder (coup de pied au cul) – zoophyte (En histoire naturelle, certains animaux inférieurs qui ressemblent à des plantes sont dits Zoophytes)