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W.A.Wellman, suite et peut-être fin.

Buffalo Bill est un film de commande qui date de 1944.
C’est une hagiographie un peu sirupeuse du personnage très connu de l’Ouest américain, le tueur de bison mais aussi l’ami des Indiens. Je trouve que les scènes de bataille sont vraiment magnifiques, mais j’avoue avoir réglé mon téléviseur en noir et blanc pour ne pas en voir les couleurs très laides. L’intérêt de ce western humaniste et mièvre est certainement le discours sur les Indiens. En voici un extrait:

Je ne crois pas comme le général Sherman qu’un bon Indien est un Indien mort. D’après ce que j’ai vu l’Indien est un Américain légitime. Il se bat pour les siens, pour sa terre, pour sa survie, comme tout Américain le ferait. Si vous connaissiez les Indiens, si vous pouviez les voir vous-mêmes comment ils défient la nature avec pour seul outil leurs mains nues, vous ne le forceriez  pas à rompre les traités pour suvivre. Mais le mal vient de là. Vous les gens de l’Est agissez sans savoir et voilà pourquoi nous les gens de l’Ouest et les Indiens  en avons souffert. Le seul Indien que vous connaissez et auquel vous avez pensé c’est l’Indien qui est sur votre monnaie.  

Lire ici une excellente critique sur ce film.


Franchement mauvais la joyeuse suicidée (nothing sacred) qui date de 1937 est une comédie où une jeune femme (Carole Lombard) devient célèbre parce qu’elle doit mourir d’un empoisonnement au radium alors qu’il s’agit d’une erreur de diagnostic. Un journaliste à sensation (Fredric March) fait monter la mayonnaise. C’est bavard, vieillot, mal joué, pas drôle et mérite d’être oublié.


Plus intéressant Une étoile est née, (A star is born ) de 1937 avec le même Fredric March et Janet Gaynor montre le rêve d’Hollywood pour Esther, une jeune provinciale et comment elle réussit tandis que son compagnon, un acteur très célèbre, sombre lui dans l’alcool et l’oubli. Ce film, très célèbre à l’époque, a été souvent l’objet de “remakes”. En 1954 avec Judy Garland, en 1976 avec Barbra Streisand et, prévu pour 2018, avec Lady Gaga. Du coup cette histoire a un goût de déjà vu… Mais j’aime beaucoup la scène désopilante dans le camping car.


Très mauvais, à mon goût L’ennemi public de 1931 avec James Cagney et Jean Harlow  est surjoué. Il fait des grimaces comme un clown (qui doit être vu de loin) et la blonde platinée se dandine dans le satin. Les situations sont convenues, l’image est plate, le noir et blanc plutôt gris et la morale sirupeuse à souhait. Ce n’est pas un film noir, un film de gangster, bien qu’il s’en donne l’air. C’est une projection poussiéreuse d’un vieux film lors d’un après midi triste dans un hangar dédié au catéchisme.


L’allée sanglante, qui date de 1955 est dans un tout autre genre:  le film d’aventures, qui met en scène un capitaine plein de courage (John Wayne) et une américaine perdue (Lauren Bacall) qui vont sauver tout un village chinois de l’oppression communiste. La vision américaine des “communistes” est du plus haut comique. Mais L’allée sanglante est quand même un film intéressant. D’abord par sa couleur, qui est moins chromo que dans les films précédents (Au-delà du Missouri de 1951), par ses scènes de combat avec un très grand nombre de figurants, et par la multiplicité des personnages qui, comme dans beaucoup de films de Wellman, sont campés avec une vraie profondeur.


Et enfin Bastogne, qui date de 1949, un film de guerre quasiment documentaire et qui retrace la vie d’une section d’infanterie lors de la bataille des Ardennes en 1944. Le noir et blanc y est superbe et les images sont souvent d’une beauté incroyable. Chaque personnage est caractérisé, surprenant et Wellman évite absolument les situations prévisibles et convenues. Curieusement je trouve que Bastogne est visuellement un plus beau film de guerre que Story of G.I. Joe qui date de 1945. On y retrouve aussi le thème de l’absence de la femme. Ces héros ont peur, ils vont être sacrifiés, ils le savent et l’émotion est très présente.

Voilà, je vais m’arrêter là. J’aurais beaucoup aimé voir les premiers films de Wellman, et surtout Others Men’s Women (1931) L’Ange blanc (1931) La Petite Provinciale (1936)  La Lumière qui s’éteint (1939) Le rideau de fer (1949) mais c’est un peu difficile à trouver en DVD.

Caillou le 22 mai 2018

W.A.Wellman, “Track of the cat” “Beau Geste” et “The story of G.I.Joe”

Track of the cat (1954) de W.A.Wellman est un film curieux.

C’est une sorte de western décalé.
Un huis-clos sur une famille déchirée, en pleine tempête de neige dans un ranch perdu en pleine montagne. L’ambiance angoissante et malsaine où règne dehors la peur d’une sorte de panthère noire et dedans la division entre les 3 frères dont l’aîné est un rustre dominateur, la sœur vieille-fille, la mère tyrannique, le père alcoolique, la fiancée du plus jeune frère totalement dominé et un vieil indien silencieux.
Un théâtre un peu lent, intime, enfermé et qui repose beaucoup trop sur les dialogues. En contrepoint les scènes dans la montagne à la recherche du fauve sont plus silencieuses. Mais la musique est quasiment permanente comme elle était très souvent dans le cinéma hollywoodien de l’époque et là c’est franchement détestable.
Il y a dans ce film un travail spécifique sur la couleur. Wellman désirait faire un film en couleur mais sans couleur. Les seules teintes fortes du film sont la veste rouge de Curt (Robert Mitchum) et la chemise jaune de la fiancée (Diana Lynn). Les paysages de neige et de montagne sont en noir et blanc. D’ailleurs la photographie est très belle, en particulier par les cadrages très soignés.
Malgré des personnages très fouillés et un jeu d’acteurs qui m’a semblé très juste cette histoire ne m’a pas du tout, du tout, intéressé. Ah, oui, j’oubliais! Le DVD réédité de Track of the cat contient des bonus très intéressants sur W.A.Wellman.


Beau geste (1940)
Avec Gary Cooper en légionnaire, c’est un film que l’on peut ne pas voir. Film d’aventure qui commence comme un “Cluedo” à l’Agatha Christie et se finit dans un Sahara de pacotilles, il est bourré de stéréotypes. Les personnages sont convenus et l’intrigue capillotractée.
Cette époque se passionnait pour la Légion Etrangère “La Bandera” (1935) avec Jean Gabin, “Un de la légion” (1936) avec Fernandel, “Raphaël le tatoué” (1938) mais j’en ai rarement vu d’aussi mauvais que Beau geste. En dehors de belles photos en noir et blanc, il peut rester dans le tiroir des films oubliés.


Par contre l’incontournable The story of G.I.Joe sorti sous le nom Les forçats de la gloire mérite vraiment d’être vu ou revu. Tourné en Californie en 1945, donc loin des lieux, il s’agit d’un hommage aux combattants américains de la seconde guerre mondiale.

Le film est quasi documentaire. Il raconte l’histoire d’une compagnie de fantassins américains de leurs premiers combats, en Tunisie, jusqu’à Rome, en passant par la Sicile, la bataille de Salerne et surtout l’interminable hiver 1943 devant Monte Cassino.

 

 

À travers le regard d’un correspondant de guerre, Ernest Pyle, (Burgess Mérédith) on voit la vie quotidienne de ces hommes commandés par le capitaine Walter (Robert Mitchum).
Aucun lyrisme, aucun pathos, juste de la souffrance, de la fatigue, de la boue et des copains qui meurent.
On ne voit presque aucun corps. W.A.Wellman tourne ces scènes avec des ellipses où tout se comprend sans être vraiment vu. C’est d’ailleurs beaucoup dans les regards que cela se passe, beaucoup plus que dans les mots. Une scène en particulier est frappante. Il s’agit d’un mariage improvisé au milieu des ruines. (La mariée est d’ailleurs Dorothy Coonan, l’épouse de Wellman, déjà vu dans Wild boys of the road). Il s’agit donc d’un joli moment d’évasion et de paix au milieu de cette vie misérable. Mais le silence qui suit le départ des jeunes mariés en dit long, surtout dans le regard de ces soldats loin de leurs épouses ou amies, de leurs familles, de leurs enfants.

Ce n’est donc pas un film de guerre mais un film sur la guerre, aussi beau vu du côté américain que Quand passent les cigognes vu du côté soviétique. (Mikhaïl Kalatozov 1957). Pour Samuel Fuller The story of G.I.Joe est “le seul film adulte et authentique” produit par Hollywood pendant la seconde guerre mondiale.

Et en plus The story of G.I.Joe est visible sur Youtube, ici.

Caillou, le 7 mai 2018

W.A.WELLMAN, suite et “Wild boys of the road”

Je passe rapidement sur des films de Wellman qui me paraissent moins importants, voir carrément mauvais, mais bon, c’est subjectif.

Frisco Jenny qui date de 1932 raconte l’histoire d’une mère maquerelle qui se retrouve confrontée à un procureur et à qui elle ne peut pas dire qu’il est son fils, abandonné plusieurs années auparavant.
Le thème est rebattu dans la littérature de gare “sentimentale”. Par ailleurs les costumes que portent l’héroïne et ses “filles” sont on ne peut plus ridicules, dans le genre plumes et frisottis. Tout cela baigne dans l’invraisemblance et le tape à l’œil. Reste, en contraste, le portrait sans maquillage de l’héroïne (Ruth Chatterton) juste avant son exécution, qui me fait penser à la Jeanne d’Arc de Dreyer (1928).

Tout aussi sentimental mais en plus délirant le film Safe in Hell (1931) très mal traduit à sa sortie par le titre La Fille de l’enfer mais qui serait plutôt Sauvée en enfer, raconte l’enfermement sur une petite île des Caraïbes d’une ancienne prostituée, Gilda (Dorothy Mackaill) accusée d’un meurtre qu’elle croit avoir commis. Elle y attend son sauveur, un brave marin, dans un hôtel au milieu d’une bande de mâles en rut. Un ramassis d’escrocs réfugiés, comme elle, sur cette île dont le gouvernement n’a signé aucun accord d’extradition. Tous les personnages sont un peu stéréotypés ainsi que le flic qui les surveille. Cela sent le carton pâte et les jeux d’acteurs trop appuyés, peut-être encore ceux du cinéma muet ?
Un blues, Sleepy Time Down South sauve un peu le film. Il est chanté par Leonie (Nina Mae McKinney) on peut l’entendre ici, mais pas tout au début, attendre un peu :

Un film de guerre, patriotique Thunderbird,
traduit par Pilotes de chasse avec Gene Tierney.
Il date de 1942.
Les couleurs en sont affreuses, les blagues stupides, l’intrigue sans intérêt. Il s’agit d’une œuvre de propagande destinée à soutenir l’armée américaine dans l’effort de guerre.
Avec quelques belles vues d’acrobatie aérienne ce film peut plaire aux amateurs d’aviation. Mais je conseille de le regarder en réglant son téléviseur sur noir et blanc…

 

 

Et puis le superbe Wild boys of the road.


C’est un film qui date de 1933.
Deux jeunes garçons insouciants, lycéens d’une petite ville du Middle West, réalisent que la crise économique frappe maintenant directement leurs propres familles. Une mère veuve qui fait des ménages et a travaillé “quatre jours en cinq mois” pour l’un, une famille effondrée par le licenciement du père et qui ne peut plus payer aucune traite pour l’autre, l’obligation de se nourrir à la soupe populaire… il est évident qu’ils doivent quitter le lycée et même partir ailleurs pour chercher du travail.

Les photos de Dorotéa Lange et Walker Evans

Nous sommes dans l’époque de “la grande dépression” américaine, celle “des raisins de la colère” (Steinbeck) des photos de la FSA (Dorothéa Lange,Walker Evans…) et des chansons de Woody Gurthrie.
Ils prennent donc un train de marchandises en marche et après une nuit glaciale et sans savoir du tout où ils se trouvent ils font la connaissance d’un troisième larron qui s’avère être une fille.

Le film nous montre que tous les trains de marchandises sont pris d’assaut par les migrants à la recherche d’emploi. (Calais?) Mais les arrêts dans les gares, voir même en pleine cambrousse,  sont le lieu des arrestations musclées par les nervis de la police ferroviaire (Menton) et des milices. (le col de l’Échelle). On les appelles des “Hobos”
Il leur faut tout le temps courir pour fuir les coups de matraque et l’un d’entre eux y perdra d’ailleurs une jambe. Voir clip sur youtube

Une autre, isolée, sera violée dans un wagon et les jeunes tueront le chef de train agresseur.


Jusqu’au moment ou ils se révoltent et résistent à l’oppression dans une sorte de camp retranché au milieux des poubelles. Ils bombardent les flics avec des cailloux.

Mais ils doivent fuir sous les pompes à eaux…
Pourchassés, matraqués, manipulés, rackettés, violées, ces jeunes de 1933 ressemblent beaucoup aux jeunes du collectif “Autonomie” de Toulouse de 2018, ces “jeunes isolés étrangers” jetés à la rue par des services sociaux censés leur venir en aide. Voir sur Médiapart

La fin du film est un happy end stupide, sorte de concession à la morale hollywoodienne, de l’époque, avec, comme dans “Héros à vendre“, une discrète allusion à Roosevelt comme seule perspective d’espoir.

Comme film social, comme film politique, cette œuvre de W.A.Welleman est certainement une des plus fortes et émouvantes.  Voici une des dernières phrases du film, elle est d’une brulante actualité:

Pourquoi on rentre pas chez nous? Parce que nos parents sont pauvres et au chômage et qu’on a pas de quoi manger. Pourquoi rentrer chez nous et mourir de faim? La prison est censée nous tenir à l’écart? C’est faux! Vous ne voulez pas nous voir! Vous voulez nous oublier! Impossible! Il y en a des milliers comme moi ! Et il y en a de plus en plus ! Les gens parlent de gens qu’on aide. On aide les banques, les soldats, les brasseries et aussi les fermiers! Et nous? On est des gamins! On parcourt le pays pour trouver du boulot. Vous croyez que c’est par plaisir? Allez-y enfermez moi! J’en ai marre d’avoir faim et froid, marre des trains de marchandises! La prison ne sera pas pire que la rue! Alors allez-y!

Caillou, le 3 mai 2018

PS: Pour répondre à plusieurs “abonné(e)s” de ce blog, la plupart
de ces films sont à la médiathèque José Cabanis de Toulouse.  
Certains sont visibles également en VOD sur Internet

 

Parallèle 50: quelques hommes…

Artur London mentionne, dans son livre  L’Aveu, paru en 1968, sa participation à  la direction politique de Parallèle 50.

P50 N°31 25 janvier 1947
Parallèle 50 N°31 du 25 janvier 1947

André Simone, journaliste tchèque, de son vrai nom Otto Katz, fut exécuté en 1952, en Tchécoslovaquie,  dans le cadre du procès Slansky.

P50 N°32 1er février 1947
Parallèle 50 N°32 du 1er février 1947

André Ulmann. Journaliste, ancien résistant et déporté de Mauthausen.
Disparu en 1970. Il dirigea surtout la revue La tribune des Nations

TdN N°50 30 août 1946
Tribune des Nations N°50 du 30 août 1946

Edgar Morin. Il ne resta pas très longtemps dans ce journal. Dans Autocritique, Edgar Morin indique que « ce journal » lui a été interdit.

P50 N°73 2O décembre 1947

André Fougerousse. Ancien déporté de Mauthausen.
Il travailla ensuite dans la revue Constellation.
Je ne sais rien de plus sur cet ami de mon père.

P50 N°57 30 août 1947 fusion

 Constellation N°65

Voilà. Ces revues sont conservées précieusement à  la BNF ou à la BDIC de Nanterre.

Je n’ai trouvé qu’une seule étude universitaire sur Parrallèle 50.
Parallèle 50: un périodique tchécoslovaque, communiste et parisien contre la division de l’Europe 
de Françoise NOIRANT
On peut en lire des extraits ici:
http://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_2000_num_59_1_403228

Par ailleurs on trouve de nombreuses référence à André Ulmann dans les livres de
Thierry Wolton, Le KGB en France, Dominique Desanti, Les staliniens 1944-1956 et Ce que le siècle m’a dit, Frédéric Charpier,  l’Agent Jacques Duclos.
Mais le personnage étant extrêmement trouble, à la fois grand résistant, membre de la résistance intérieure dans le camp de concentration de Mauthausen, mais aussi peut être agent d’influence soviétique, manipulateur dans le procès Kravtchenko (J’ai choisi la liberté), je laisse son mystère reposer.
Après tout qui cela peut-il encore intéresser?
Je referme doucement, avec ses rubans, le grand paquet gris contenant la revue
Parallèle 50 de la bibliothèque de Nanterre…

Caillou, le 2 août 2017

 

Gilles Ory, Militant !

gilles 04 juillet 2011 interview avanti
Gilles Ory, ante-diluvien par choix (vu que communiste…) baron de trezalouest par la naissance….
J’ai la grande douleur de vous annoncer une disparition brutale, celle de notre ami Gilles Ory, un camarade syndicaliste de SUD PTT, résolu, opiniâtre, fédérateur. Le batteur de l’ancien groupe de musique La Teigne était aussi un nouvel adhérent de Coup de Soleil Midi-Pyrénées. Il est décédé à la suite d’une crise cardiaque.Nous sommes très touchés et très tristes pour ses deux fils, Bastien et David,
pour sa familles et ses camarades de lutte.

L’incinération aura lieu lundi 15 mai à 11H40 à Cornebarrieu.
Quelques messages reçus

Salut à toutes et tous,

Je viens d’apprendre comme vous que Gilles était décédé et le choc est d’autant plus fort que j’étais à son pot de départ en retraite il y a une dizaine de jours à peine. Nous y avions beaucoup échangé sur les élections, le syndicat et lui aussi qui était encore au stade des questions sur sa vie personnelle mais déjà partant à nouveau pour des engagements auprès de Solidaires et ses militant-es.
Nous perdons un deuxième grand bonhomme de notre syndicalisme local après Claude. Cela me touche d’autant plus que j’ai plusieurs documents sur la bagarre pour notre représentativité au Ceser en 2011 que je manie beaucoup dans la période et qui portent leur marque commune quand ce n’est pas leur signature.
Je suis bien triste de cette nouvelle et le sourire comme le regard taquins et futés de Gilles me manquent déjà. En même temps je me dis que nous avons une responsabilité supplémentaire à organiser et poursuivre l’organisation, le fonctionnement et les combats de Solidaires 31 que Claude et Gilles ont mis tant d’énergie à porter et à défendre.
Mes amitiés à toutes et tous
Christian

Merci Christian pour ce message.
Ce sont des amis de la Teigne qui mon appris hier cette terrible nouvelle. Je suis comme toi et beaucoup d’entre les Solidaires toujours sous le choc et n’arrive pas à y croire. Solidaires perd un précieux militant. Gilles était venu avec la Teigne jouer pour mon départ en retraite en Aveyron . Un concert et un moment inoubliable à la lueur d’un lampadaire communal et sur un macadan un peu rugueux ils avaient joué, chanté fait passer des messages de lutte et de solidarité à un public de militants et syndicalistes convaincus mais aussi à un public de villageois aveyronnais émerveillés, tellement séduits qui n’ont pas hésité à rester jusqu’au bout de ce grand moment tellement ils avaient su les captiver. J’ai échangé et travaillé plus particulièrement avec Gilles alors que j’étais élue à la Région pour faire avancer le dossier de la représentativité de Solidaires au CESER. Je voudrais ici témoigner de son esprit d’ouverture, de son intelligence politique, de son souci de rassembler, de fédérer, de ses capacités d’écoute. Gilles était un bosseur, un militant sur qui on pouvait compter, discret, et efficace, soucieux et respecteux du collectif. Oui il a été un précieux maillon dans la défense de ce dossier qui a abouti à la représentaion de Solidaires au CESER . Je ne pourrai pas hélas être lundi à Cornebarrieu pour lui faire mes adieux et lui rendre hommage. Ce que je regrette beaucoup. Je serai de tout coeur avec vous.
Marie-Françoise

Bonjour Marc,
C’est vraiment une triste nouvelle que tu m’apprends là, surtout que faire de la musique ensemble, ça créé des liens particuliers, une entente au délà des mots.
J’ai envie de te raconter cette petite anecdote, lue dans un livre. Une petite fille demande si son papa, qui vient de mourir, va aller ou pas au paradis. La personne qui lui répond, est bien embêtée, car elle ne croit ni au paradis ni à l’enfer, alors elle lui dit que oui, parce que son père était un artiste, et que les artistes vont toujours au paradis, parce qu’ils ont passé leur vie à rêver la vie et à l’embellir pour eux et pour les autres. En espérant retrouver Gilles le batteur, au paradis des musiciens, au détour d’une note, d’une chanson, pour un bœuf unissant les vivants et ceux qui ont cessé plus tôt que nous de l’être, mais qui le sont toujours au cœur de nos musiques. Je t’embrasse et je pense bien à vous ce soir pour votre soirée autour de Gilles, en répétition avec mon groupe de trad, je lui dédierai en pensée cette valse : “ceux qui s’en vont”.
Bises,
Claire

Cher Gilles,

En un bien court trimestre, tu nous as apporté beaucoup. Beaucoup d’espoir. Tu nous a rappelé que la bataille se livre sur tous les horizons et partout dans le quotidien. Les conditions désastreuses de tous les boulots salariés et les combats que nous devons mener à la base (d’abord l’instruction des “jeunes recrues”) ont de quoi nous occuper dix vies.
Tu es passé comme quelque flamboyante météorite dans la nuit de nos désespoirs.
Cela ne s’oublie pas.
In girum imus nocte et consumimur igni.
Nous tournons en rond dans la nuit en nous consumant dans le feu.
Dominique

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Traces, absences, fantômes… Cracovie, Kazimierz et Podgorze.

Après le silence gris et glacé de Birkenau, retrouver les joies colorées et trépidantes d’une ville touristique comme Cracovie c’est un peu déconcertant.

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Nous avons changé d’hôtel et sommes allés au 24 Guesthouse, 24 rue SZLAK. Nous le conseillons vivement. C’est un peu plus loin du centre historique, au nord, mais c’est très calme, la chambre est spacieuse et c’est bien moins cher que le cloaque d’où nous venons.

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L’ancienne Halle aux draps.

Nous visitons la ville et allons en particulier Kazimierz. C’est maintenant un quartier de l’ancienne capitale polonaise mais il a été longtemps une ville à part entière, le centre de la culture juive de Pologne. C’est ce que montrait la très jolie maquette du musée Polin de Varsovie.

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Entre les deux le château Wawel, l’ancienne résidence des rois de Pologne, devenue, pendant la guerre, l’antre du Gouverneur nazi Hans  Franck.

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La synagogue Tempel, progressiste.

 

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Le marché de la place Nowy qui était le centre du quartier juif.
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La Haute Synagogue

Sur une jolie place, beaucoup de restaurants et de cafés célèbres.
Ce quartier vit beaucoup la nuit.

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Sur la place, la statue de Yan Karsky,  “Juste parmi les nations”.
C’est un résistant polonais.

Il a vu ce qui se passait dans le ghetto de Varsovie dans l’été 1942. Il a informé les Alliés que la “solution finale” donc l’extermination des juifs d’Europe avait lieu. Et ils n’ont pas voulu le croire.

Son témoignage, bouleversant est à voir dans le quatrième volet du film de Claude Lanzmann: Shoah.

Lire aussi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski

 

 

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La vielle synagogue.

Mais toute la ville a été vidée de ses habitants qui ont été déportés dans le ghetto de Podgorze, de l’autre côté du fleuve, puis très rapidement liquidés dans les camps et en particulier dans celui, tout proche de Plaszow.
Voir à ce sujet le film de Spielberg la liste de Schindler.

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Les chaises vides de l’ancienne place d’appel de Podgorze.
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Un petit bout du mur du ghetto.

Et dans une zone industrielle nous visitons le musée Schindler qui montre la vie d’avant la guerre, à Kazimierz, et la descente en enfer…

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La dernière salle du musée Schindler pose une question essentielle: qu’aurions-nous fait à la place des témoins de la Shoah ? Et les réponses, dans toutes les langues, sont souvent très belles et étonnantes. C’est en tout cas la première fois que je vois donner la parole à ceux qui ont vu et se sont tus.

Nous retournons dans la vieille ville…

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Le beffroi de Cracovie

que j’essaie de dessiner…

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Le beffroi de Cracovie

 

 

 

 

 

 

 

A suivre: Le retour à Varsovie.

Caillou, le 2 juillet 2016

Traces, absences, fantômes… Majdanek

Toute la population juive de Lublin a disparu. Mais où? Et bien une très grande partie a été massacrée dans le camp d’extermination, tout proche de Majdaneck. 235 000 victimes.

Pour aller voir ce camp, à 5 kilomètres, on peut prendre le trolley-bus N°156, en haut de la ville, à côte de la porte de Cracovie, mais attention, il y a deux arrêts “Majdaneck” et il vaut mieux s’arrêter au second.

Dès l’arrivée on voit le monument gigantesque qui domine les lieux de cet immense camp.

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Je ne vais pas décrire notre visite car ce qui est le plus épouvantable ne passe pas par les mots. Nous étions très peu nombreux ce matin là. Le ciel était gris…

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l’extérieur de la chambre à gaz
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La salle précédant la chambre à gaz.
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L’entrée de la chambre à gaz
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L’arrière du bâtiment
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Le bâtiment de la chambre à gaz en 1945
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Une des entrées du camp de concentration.

Beaucoup d’autres “blocks” en bois se visitent. Avec des documents, des photos, quelques films. et puis, tout au fond du camp un bâtiment en briques…

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Les fours crématoires.
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La montagne de cendres dans le monument en forme de coupole.

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Et puis, juste une image, des enfants juifs du ghetto de Lublin, pieds nus, souriants, à côté d’un soldat allemand qui photographie.

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Autant dire que l’on ne sort pas de là indemne. On a beau “savoir” ce qui s’est passé là, l’émotion qui nous saisit devant l’horreur épouvantable du crime qui y a été commis est bien au-delà. Nous n’avons pas toujours retenu nos larmes.

A suivre: Cracovie

Caillou, le 30 juin 2016

Traces, absences, fantômes… Lublin

Lublin est une ville historique, dans l’est de la Pologne, avec un vieux quartier en pente, le château en face sur une colline et tout autour le quartier juif dont la plus grande partie a été détruite par les nazis, transformé en espaces verts.

Nous y logeons dans un monastère dominicain transformé en hôtel, le Dom Na Podvalu. Il est situé juste sous les remparts. D’un côté le château de l’autre côté la ville…
Quel confort, quel calme! Grande chambre, superbe petit déjeuner… 

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Hôtel Dom na Podwalu, en contrebas

Le centre historique de Lublin est traversé par la rue principale, la rue Grodska, ouverte par une porte fortifiée, la porte de Cracovie, avec, au centre la place du marché, le Ryneck.

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Elle  est  refermée par une autre la porte Grodska, où se trouve l’association que je venais voir: le teatr NN.

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Cette association travaille depuis des années sur la mémoire juive de Lublin. C’est donc à la fois une sorte de musée avec des expositions permanentes et temporaires et un centre de documentation qui permet de reconstituer, à l’aide de photographie et de documents la vie des communautés juives qui habitaient pour un tiers cette ville polonaise avant la Shoah. Rue par rue, numéro par numéro, nom par nom, le teatr NN essaie de nommer et parfois de donner un visage à tous les disparus. Voir ici leur site, en polonais: http://teatrnn.pl

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La rue Lubartowska

Anna Langfus était née à Lublin. Dans une partie de la ville que les nazis n’ont pas détruite.  Rue Lubartowska.

En mars 1941, Anna, son mari ainsi que toute sa famille sont expulsés de cette maison pour être enfermés dans le ghetto.

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panneau exposé dans le musée de Majdanek
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La rue Cyrulicza

Ils s’entassent dans des chambres rue Cyrulicza. Elle arrive à fuir pour Varsovie, peut-être avec sa mère et son mari, mais le ghetto est liquidé, en plusieurs actions et ses habitants disparaissent en mars 1942.

Je me promène un peu dans ces lieux, séparés de la vieille ville par une voute.

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A quelques pas de l’animation du centre ville, de ses terrasses éclairées, les traces lépreuses de ce quartier sont encore bien visibles.

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Dans le musée du teatr NN on peut voir la maquette de la ville de Lublin avant la destruction du ghetto et la disparition des 46 000 juifs qui y vivaient.

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A suivre: Majdanek, le lieu de la disparition.

Caillou, le 29 juin 2016

Traces, absence, fantômes… Varsovie

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Je reviens de Pologne. Ce n’est pas un voyage facile et agréable. Bien sûr on peut aller visiter ce beau pays touristique, ses villes du moyen-âge, ses églises en bois, ses  forêts profondes… Mais ce n’était pas le but de mon voyage. J’y allais pour voir le pays d’Anna Langfus dont j’ai déjà parlé sur ce blog. Pour mettre des paysages, des lieux, peut-être des visages, sur cette histoire terrible qu’elle raconte dans ses livres et que son biographe, Jean-Yves Potel, détaille dans Les disparitions d’Anna. Depuis des années ce voyage s’imposait. Je vais donc essayer de le raconter ici, avec des images et parfois des conseils, (en vert) pour celles et ceux qui cherchent des renseignements pratiques.

Nous sommes arrivés à Varsovie le 6 juin au soir. Nous avions choisi l’Hôtel OKI DOKI qui se trouve sur la place Dąbrowskiego, dans le centre. C’est une sorte d’auberge de jeunesse très ouverte colorée et sympathique. Beaucoup de chambres avec des dortoirs, d’autres individuelles, toutes décorées. Ce n’est pas luxueux mais c’est convivial. Et Le prix lui aussi est plutôt sympathique.

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Dès le lendemain nous partons à la découverte de la ville. Entièrement détruite pendant la seconde guerre mondiale, son architecture en damier est donc celle des années cinquante. Avec de très larges avenues qui se coupent au cordeau on peut y voir l’héritage de l’urbanisme soviétique mais c’est aussi le cas des villes françaises reconstruites comme Brest ou le Havre.

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À Varsovie la vielle ville historique a été reconstruite à l’identique, d’après les dessins et les peintures baroques. On a donc un peu l’impression d’y évoluer dans un décor de cinéma.

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Tous les musées sont fermés le mardi. Il fait beau. Nous nous promenons donc dans le vieux quartier. 

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C’est de bonne heure. Il n’y a pas encore beaucoup de touristes. Juste quelques excursions de scolaires, (comme d’ailleurs nous en avons vus tout au long de notre voyage). Sur la place du marché, le Ryneck, encore calme à cette heure, des enfants jouent devant la statue de la sirène qui est l’emblème de la ville.

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Au nord du quartier nous en sortons par la barbacane et les remparts…

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et nous découvrons la statue du petit combattant, qui est un hommage à l’insurrection de Varsovie de l’été 1944.

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Avec son casque énorme et son pistolet trois fois trop grand, ce gosse est émouvant.

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Et puis plus au nord, au coin des rues Franciszkana et Zakroczmska nous découvrons la première trace du ghetto. C’est une photo qui montre le mur qui barrait la rue à cet endroit. Et l’on se rend compte de l’immensité du ghetto…

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Nous pénétrons dans les rues, toutes reconstruites après guerre, de ce quartier nord de la ville.

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Sur une grande place nous voyons la silhouette massive du tout récent musée de l’histoire juive de Pologne, le musée Polin et en face le monument aux héros de l’insurrection du ghetto du printemps 1943.

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Cet art pompeux de la période stalinienne montre des héros plutôt bien nourris…

Puis nous recherchons, encore plus au nord du quartier, l’Umschlagplatz, ce lieu où les nazis rassemblaient les juifs pour les entasser dans les trains qui les emmenaient vers les camps d’extermination.

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C’est un monument bien plus émouvant et plus sobre, sur les bords d’une grande avenue passante. Il comporte des centaines de prénoms de victimes… Tout autour la vie continue, les passants tracent leurs chemins, les autobus klaxonnent… Il est midi.

Nous allons manger dans la vielle ville. Au Restaurant Goscinec, juste en face du rempart. Et nous découvrons les Pierogi. Ce sont des sortes de raviolis farcis. Ils peuvent être frits ou cuits à la vapeur. Nous les avons choisis farcis aux épinards pour l’un et aux choux et aux champignons  pour l’autre. La bière (à la pression) était de la Zywiec. Elle est assez douce. Après ce très bon et copieux repas nous allons digérer sur la grande place du Ryneck devant toutes ses maisons baroques.Numériser

Il y a maintenant beaucoup de monde, des touristes, des Polonais mais aussi et surtout des dizaines d’enfants amenés là en groupe par leurs écoles. Ils se précipitent pour acheter des pétards à un marchand ambulant et effaroucher les pigeons… Alors nous allons nous promener dans la ville moderne, ses larges avenues, ses gratte-ciel et ses magasins de mode…

Le lendemain nous allons visiter le musée Polin. C’est incontournable. Il montre l’histoire des juifs en Pologne depuis plus de 1000 ans. Donc c’est très grand. Une première partie, didactique, avec beaucoup de documents, des mannequins, des reconstitutions, des maquettes. On y apprend aussi beaucoup sur l’histoire de la Pologne. Jusqu’au 20 ème siècle et la richesse culturelle, politique, sociale que représentait le peuple juif en Pologne, avec toutes ses diversités et même ses oppositions. Mais c’est est aussi l’occasion de découvrir l’antisémitisme polonais d’avant-guerre, le numerus clausus pour éjecter les juifs de l’enseignement, les violences contre les magasins, les pogroms, les meurtres. Et puis, et c’est cela surtout que nous étions venu chercher, après l’invasion de la Pologne en 1939 comment les nazis ont organisés les ghettos puis la destruction physique des juifs de toute l’Europe en choisissant la Pologne comme le lieu principal de l’extermination.
On en sort éprouvés. Nous avons beau savoir par les livres, les films et les photos tout ce qui s’est passé ici, c’est toujours aussi impressionnant et incompréhensible.

Nous mangeons à la cafétéria du musée. C’est un self service ce qui est pratique car on peut voir ce que l’on va manger, ce qui est bien quand on ne lit pas le polonais et très peu l’anglais. C’est vraiment très bon et frais. 

Plus tard, à la fin de notre voyage, nous allons aussi voir, à l’autre bout du ghetto, un petit bout du mur qui a été conservé. Ce n’est pas facile à trouver car c’est dans l’arrière cour d’un bâtiment au 55/59 de la rue Sienna.

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On peut aussi aller voir le musée de l’insurrection de Varsovie. C’est un peu patriotique, anticommuniste, revanchard. Il glorifie la Pologne résistante et en particulier l’AK. Mais c’est très bien fait, avec énormément de documents et de mise en situation. Malheureusement quand nous l’avions visité il y avait énormément de visiteurs et en particuliers des groupes scolaires et c’est vite devenu éprouvant…

A suivre: LUBLIN.

Caillou, le 28 juin 2016

 

Une jeunesse kabyle

Une amie publie un livre, une bande dessinée.
Annelise y raconte la vie des jeunes kabyles de Tizi-Ouzou sur une période d’une quinzaine d’années entre les années 80 à la fin des années 90. On y retrouve la misère, la faim, la frustration sexuelle, le poids de la surveillance sociale, les flics, les islamistes, la peur, des anecdotes amusantes, des scènes épouvantables, un envie de vivre malgré tout… Et puis l’exil, le temps qui passe, les ami(e)s perdu(e)s…
Du coup on découvre tout un pan de l’Histoire algérienne récente. Cette Histoire qui, soi-disant, ne nous concerne pas, à laquelle on ne s’intéresse pas, ici, en France, juste de l’autre côté de la mer.

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Il y a quelques années, en 2012, j’étais avec elle en Algérie et elle m’avait croqué sur son blog. Elle faisait des repérages pour son livre… Je lui en pique une image. Elle me fait rire, car je suis le petit cochon moustachu à bretelles qui est à droite.Marc au bled

Bon, procurez vous ce livre dans les bonnes librairies.
Et pour les Toulousain(e)s, elle sera  :

À la Pizzeria Belfort 2, rue Bertrand de Born 31000 Toulouse (place Belfort)
le samedi 7 novembre à 19h00
Pour une soirée-dédicace-discussion… dans la salle du RDC avec le verre de vin qui va bien et les pizzas de Zoubir et Hafid bien sûr !