Le 10 octobre 2026, invité par le Forum de l’eau, nous avons chanté, dans la Bourse du travail de Toulouse,
avec la chorale le nez dans le ruisseau,
une chanson détournée: Histoire d’eau. Il s’agit de la chanson le Dieu Dollar de Gilles et Julien qui date de 1932, choisie par Michel et les ami·es d’Eau secours,
dont j’ai modifié les paroles avec eux. La prise de son, faite avec un dictaphone n’est pas très bonne mais c’est, pour moi, un très beau souvenir.
De l’autre côté du robinet Elle ne coule plus comme elle devrait Elle sent de plus en plus mauvais Mon eau Elle fait rêver les milliardaires Pour qui c’est une bonne affaire faire de l’argent qui désaltère Mon eau Et par les multinationales Ils s’emparent du monde global de tout ce qui nous est vital et l’eau, la santé, l’air, la terre qui meurt les biens communs sont des valeurs Cotées en bourse pour les voleurs de l’eau
Mais sous un ciel de cendre Vous verrez un soir L’eau se fera attendre Nous ne pourrons plus boire Et devant ces profits immenses et dérisoires, la soif tuera la vie Il n’y aura plus d’espoir.
Le réchauff’ment de la planète Ne peux pas les mettre à la diète Il excite même les pique-assiettes Pour l’eau Véolia se bat contre Suez pour piquer des contrats balèses dans les mairies un peu trop niaises Pour l’Eau L’eau devient rare, c’est la rapine l’agrobusiness fait des bassines Protégée par des carabines Salots ! De ces cogneurs militaristes Contre les écoterroristes Préservant l’eau qui est à tous Notre eau
Mais dans la ville ardente L’eau rafraichit l’ordinateur Cette figure démente qu’ils nomment les datacenters Pas besoin de réclame les données dans nos téléphones gagnent bien toutes les âmes et deviennent autonomes
Autos, télés, radios, machines, l’énergie nous vient des turbines du nucléaire qu’ on rafraichit À l’eau Le matin sur les autoroutes, on gagne bien quelques burn-out pour aller bosser dans la soute Allo ? On y produit des détergents des métaux lourds et des polluants que l’on retrouve immédiatement Dans l’eau La vie qui tourne comme une roue Vous éclabousse et vous secoue Elle aime vous rouler dans la boue sans eau
À moins qu’on n’s’organise et qu’on défie tous les puissants et même qu’on se mobilise pour bien défendre le vivant Il n’y a plus que l’amour Qui puisse les arrêter C’est avec Eau Secours Que nous pouvons gagner
Nestlé, Danone, Vittel, Evian Cette eau est en bouteille plastique, Produit de l’industrie chimique C’est no ! Les pesticides qui tuent les sols empoisonnent l’eau des phréatiques C’est la santé d’tous qu’on trafique C’est no ! Face au déni des gouvernants Nous voulons une gestion claire comme les citoyens savent la faire Et l’eau Deviendra l’eau démocratique Pour en finir avec la clique Qui s’est emparé d’la boutique de l’Eau
Déjà dans la cité le mouvement s’éveille des collectifs partout deviennent cri torrentiel Ils sont le signe fort de la dépossession La colère vient d’éclore ils nous prennent pour des cons
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La chorale le nez dans le ruisseau,
a ensuite chanté Les voleurs d’eau
Paroles de Bernard Michel et musique d’Henry Salvador
Et tout cela a été très apprécié par le public, mobilisé sur le thème de l’eau.
Cela a été suivi par un repas proposé par une association de Bagatelle
puis par un film sur les gravières de la basse Ariège
lire ici la plaquette qui explique les combats sur ce thème.
Une rumba Un blues pour rien Banlieue rouge Un blues lent Gardens Button’s Party A tous ceux Carole Un reggae gai
et Johny s’en va t’en guerre
Il a été enregistré dans le studio (improvisé) de Michel, au Fousseret.
En mai 2000 nous commençons à répéter dans les locaux syndicaux du Pigeonnier de la Cépière. Nous sommes alors une émanation des syndicats Sud, et notre nom est The group of the Ten, (le groupe des 10), ancien nom des syndicats Solidaires. Le 27 mai 2000 on joue à la fête du Sud PTT le blues lent puis on change de nom, on devient La teigne et on joue dans plusieurs réunions et manifestations. En particulier le 1ermai 2002 où nous jouons (du Ska) à la manif anti-Le Pen entre les deux tours des élections. On sort le premier CD Dans les rues en 2005. Nous sommes alors cinq : Gilles aux djembés, Jean à la batterie, Marc au chant, Michel à la guitare, Robert à la guitare et au chant, et Yves à la basse et au chant.
Robert, Jean, Michel et Marc
La rumba
C’est par une nuit comme ça
Par une nuit d’été
qu’on peut se demander
pourquoi qu’on est parti
à l’autre bout du monde
faire les cons à la ronde
et si loin du pays
pourquoi? pourquoi? pourquoi?
C’est par une nuit comme ça
Qu’on se demande pourquoi
les filles blanches ne dansent pas
ne dansent pas avec moi
pourquoi qu’elles ne veulent pas?
quand on est noir comme moi?
pourquoi? pourquoi? pourquoi?
Est ce que je suis bizarre
Ridicule ? Étranger ?
ou est ce que je suis noir?
noir comme la nuit?
noir comme la nuit sans espoir
Et pourquoi à l’entrée
de cette discothèque
il y a ce noir tout sec
ce grand balezze tout black
qui me refuse l’entrée
qui veut me foutre des claques?
Pourquoi tous les gens font
comme s’ils ne voyaient rien
Est-ce parce que suis noir
que je montre le poing
Est-ce que je vous fais peur ?
Est-ce que j’nai pas d’papiers?
ou est ce que je suis noir?
dans la nuit sans espoir
Pourtant vous voulez bien
qu’j’travaille sur vos chantiers
en étant mal payé
dans l’insécurité
Pourtant vous voulez bien
que j’construise vot pays
si je m’en vais au loin
quand il sera fini
Robert
Un blues pour rien
J’avais beau dir’, beau faire
Pas rond qu’elle tourn’ la terre,
Y’a qu’mon lit qui s’bouge
L’cœur qui s’est fait la paire
J’métais mis plus que minable
L’automne, la têt’ sur la table
Pleins de nuages sur le front
Une vie en vrac, sans jamais l’rond
Elle m’a dit « y faut t’secouer »
Encore l’allonger ton pas,
Voir en face ce qui n’va pas.
Un aut’ verr’ j’me suis versé
Refrain
Demain, ça ira mieux c’est sûr
Just’ l’angoisse qui s’met en route
J’ai malgré tout un gros dout’
Un nœud au ventr’, rien qui dur’
Elle a poussé loin la porte
Et maint’nant j’me retrouve en short
Elle a mis l’cap sur la mer
Y’m’reste plus qu’à changer d’air
Marc
Banlieue rouge
Dans la banlieue rouge
j’ai appris à rêver
j’y avais mes copains
mais ils se sont cassés.
Sarcelles n’a plus d’ailes
et Bobigny se meurt
c’est à Maisons-Alfort
que j’ai perdu l’honneur
Il y avait des filles
elles avaient des corsages
et notre seule envie
c’était de leur ôter
il y’avait un curé
qui nous f’sait rigoler
maintenant qu’il est parti
il n’y a plus qu’la télé
Refrain
Mais dans ma banlieue grise
les jeunes se font chier
dans les cages d’escalier
ils ne font que glander
dehors il fait si froid
dedans ça gueule trop fort
ils ne peuvent plus rêver
leur avenir est bouché
Refrain
dans ma banlieue folle
ils braquent les mémés
ils violent dans les sous-sols
ils dealent pour les camés
Et dans ma banlieue noire
il n’y a plus d’espoir
y’a que les bulletins d’vote
de ceux qui vont voter
Refrain
car dans ma banlieue noire
Le Pen est arrivé
Puis Sarko, ses condés
y’a plus personne le soir
dans ma banlieue rouge
il n’y a plus rien qui bouge
car même les staliniens
leur ont fait le chemin.
Gilles, Michel, Robert et Marc
Un blues lent
Je me suis réveillé ce matin là
elle n’était plus là.
J’étais seul au plumard
où pourtant la veille au soir…
elle avait crié comme une folle que
j’étais son idole.
J’ai été bosser sans avoir rien bouffé,
l’frigo est ruiné.
Dans l’usine y’avait qu’moi,
j’ai pas compris pourquoi.
Les gros bras m’sont tombé d’ssus
du boulot j’en avais plus.
Les copains rassemblés
dans le froid de l’entrée
m’ont prévenu que l’patron
s’était tiré en avion
en emportant la paye du moi
j’avais plus un radis d’vant moi.
D’vant chez moi y’avait l’huissier
ils ont tout emporté.
L’proprio m’a claqué
la porte sur le nez
et maintenant j’suis à la rue
j’ai même pas pris mon pardessus.
C’est pourquoi j’tends la main
sur ce coin de trottoir
En chantant dans le noir
ce blues sans espoir
en attendant que j’me réveille
dans mon plumard avec ma belle.
Yves
Gardens Button’s Party
Gilles
À tous ceux
À tous ceux qui ne veulent pas crever
et qui essaient d’organiser
des contre-feux, des résistances
contre les fachos qui s’avancent.
À tous ceux qui ne veulent pas revoir
ceux qui ont gâché leurs espoirs
les politiciens corrompus
aux idées neuves mais qui puent.
À tous ceux qui luttent debout
et qui surtout poussent à la roue
un monde qui veut les enfermer
dans les ghettos et leurs camés.
À tous ceux qui lèvent leur verre
pour une vie plus solidaire
dans tous les repas de quartier
avec leurs voisins de palier.
À tous ceux qui n’aiment pas leurs parents
et qui pourtant leur sucent le sang
À tous ceux qui tuent père et mère
pour s’enfiler des drogues amères.
À tous ceux qui conduisent des voitures folles
et qui se pètent la gueule, fauchant toute une école
À tous ceux qui ne veulent plus d’amour
et qui pourtant pleurent tous les jours.
À tous ceux qui ne veulent plus prendre la mer
À tous ceux qui n’osent plus changer d’air
qui restent coincés dans leur appartement
bourrés d’ennui et de tranquillisants.
À tous ceux qui regardent Loft Story
en laissant filer toute leur vie
à ceux qui bossent trop, ou pas assez
et qui voudraient pouvoir laisser tomber.
À tous ceux qui sont déjà morts
et que pourtant nous aimions fort
qui ont leurs traces dans nos liens
les pavés sur notre chemin
À tous les révoltés du monde
qui sont en train de le refondrent
à ceux qui sont en mouvement
qui vont hurler contre le vent.
Et à tous ceux qui vont survivre
mélange issus de tous les livres
métis de toutes nos cultures
qui vivront sur une terre mure
Nous disons quel est notre camp
nous battons les rassemblements
nous voudrions que les mots nous servent
que le futur ne soit plus rêve
mais qu’il devienne réalité
Carole
Marc, Michel, Robert et Jean
Un reggae gai
Dans les rues
j’ai croisé, j’ai croisé
le regard des exclus
que tout l’monde ignorait
Dans les rues
j’ai crié, j’ai crié
que l’on en pouvait plus
qu’il fallait tout changer
Dans les rues
j’ai cherché, j’ai cherché
les puissants, les dodus
qui nous font tous suer
Dans les rues
j’ai marché, j’ai marché
pour faire monter la crue
qui allait les noyer
Dans les rues
nous étions des milliers,
décidés, convaincus
à ne plus reculer
Dans les rues
j’ai chanté, j’ai chanté,
quand on a enfin vu
leur État s’effondrer
Dans les rues
j’ai dansé, j’ai dansé
sur les pavés des rues
l’avenir était gai!
Johny s’en va t’en guerre
Je suis parti d’chez moi
après les attentats
nous étions des milliers
à vouloir nous venger
je suis américain
et du côté du bien.
Casqué, botté, sanglé
formé et déformé
ils m’ont bourré le crâne
je n’suis plus qu’un organe
dans un bel uniforme
j’étais vraiment un homme.
L’juteux m’a fait monter
dans un grand bombardier.
On a volé longtemps
avant de voir des gens
qui courraient en hurlant
déjà couverts de sang
On me l’avait bien dit
c’était tous des bandits
qui tombaient déchiquetés
morceaux éparpillés
tout filait tout en dessous
et nous étions les loups
C’était comme la télé
quand le son est coupé.
j’ai pas vu d’taliban
mais des femmes, des enfants
et nous leur faisions don
d’bombes à fragmentation.
Le pilote s’est gouré
il a mal calculé
bourré d’amphétamines
il a scratché la machine
et on est tombé de haut
le nez dans le capot
Je n’me souviens plus de rien
je suis mort en ricain.
Je suis revenu chez moi
juste entouré d’un drap
on m’a foutu en terre
sur un air militaire.
Le clairon, le drapeau
et le soleil là-haut
dans l’ pays Wyoming
ma croix sur la colline
et mon père et ma mère
seuls pour la vie entière.
Et c’est sur que là bas
il y a un mort comme moi
un jeune enturbanné
soldat fanatisé
je suis mort pour l’pognon
lui pour une religion…
Depuis quelques semaines, avec cette épidémie qui arrive, une chanson me trotte dans la tête. C’est mon père qui la chantait. En voici les paroles:
Dans la campagne verdoyante Le train longeant sa voie de fer Emporte une foule bruyante Tout là-bas, vers la grande mer Le mécanicien Jean, sur sa locomotive Regarde l’air mauvais Blaise, le beau chauffeur La colère dans ses yeux luit d’une flamme vive De sa femme chérie, Blaise a volé le cœur !!
Roule, roule, train du plaisir Dans la plaine jolie Vers ton bel avenir D’amour et de folie L’homme rude et noir qui conduit Cette joyeuse foule Sent de ses yeux rougis Une larme qui coule
Des heureux voyageurs, on entend les refrains Suivant les rails et son destin C’est le train du plaisir qui roule
Le pauvre Jean, perdant la tête, Rendu fou par la trahison, Sur son rival soudain se jette Criant : »Bandit, rends-moi Lison ! »
Le chauffeur éperdu fait tournoyer sa pelle Jean lui sautant au cou, l’étrangle comme un chien Et tous les deux rivés par l’étreinte mortelle Tombent de la machine, abandonnant leur train ! Roule, roule, train du malheur Dans la plaine assombrie Roule а toute vapeur D’un élan de folie
Les paysans, saisis, te voyant Tout seul fendant l’espace Se signent en priant Et la terreur les glace ! Des heureux voyageurs on entend les refrains Suivant son terrible destin C’est le train du malheur qui passe .
Tiens, la chose est vraiment bizarre On devait s’arrêter ici ! Le train brûle encore une gare Ah, ça, que veut dire ceci ? Alors du train maudit, une clameur s’élève On entend des sanglots et des cris de déments Chacun revoit sa vie dans un rapide rêve Puis c’est le choc, le feu, les appels déchirants
Flambe, flambe, train de la mort Dans la plaine rougie Tout se brise et se tord Sous un vent de folie Les petits enfants, leurs mamans S’appellent dans les flammes Les amoureux râlant Réunissent leurs âmes
Pourquoi ces pleurs, ces cris, pourquoi ces orphelins Pour un simple, un tout petit rien : L’infidélité d’une femme !
Le Train fatal est une chanson française de Charles-Louis Pothier dont la musique a été composée par Charles Borel-Clerc. Elle a été interprétée pour la première fois en 1916 par Adolphe Bérard. Et si on enlève le thème (vieillot et sexiste) de la femme infidèle pour ne garder que la fuite éperdue vers l’effondrement collectif et la mort cette chanson parle tout a fait de ce que nous sommes tous en train de vivre. Caillou, le 19 mars 2020
Et un grand merci à Robert qui m’a permis de remettre cailloutendre sur ses rails
Un barbu doit savoir
très bien prier, mais c’est pas tout, mais c’est pas tout.
Il lui faut aussi savoir
bien égorger, mais c’est pas tout, mais c’est pas tout.
Car ce qu’il doit avoir avant tout
C’est une mitraillette, une mitraillette et l’oreillette
Comme la kalach a son tic tac
le Jihad a sa tactique
Attendez un peu que j’vous explique
La ta ca ta ca tac tac tique, du djihad
C’est de bien égorger
Les juifs et les athées
La ta ca ta ca tac tac tique, du Jihad
c’est d’imposer le tchador
les yeux en face des trous
Alcool? Musique ? Contravention
Exhibition ? Flagellation Et pour le blasphème ? Exécution
J’connais ma Charia
La ta ca ta ca tac tac tique du Jihad,
C’est de bien égorger
avec autorité.
Il y a ceux
les mécréants.
(C’est tous les autres) mais c’est pas tout, mais c’est pas tout.
Il faut punir
Les dévoilées
Les adultères, mais c’est pas tout. Mais c’est pas tout.
On dit que
nous sommes des fous
Puisqu’en nous prosternant on s’tape la tête sur le béton
Mais l’Algérie le sait
On y a fait d’l’effet
Attendez un peu que j’vous explique
La ta ca ta ca tac tac tique du Jihad
C’est tuer en bonne conscience
au nom d’une religion
La ta ca ta ca tac tac tique, du Jihad
C’est de pouvoir tuer sa mère
Si son Imam le dit
Et l’esclavage ? Oh oui Oh oui !
Et l’terrorisme ? Oh oui, Oh oui !
Et moi j’en jouis !
La ta ca ta ca tac tac tique du Jihad
C’est d’être constamment à cheval sur « son » coran.
Les euphémismes mous c’est la langue bâtarde
Car les mots sont des armes qui servent aux vainqueurs
C’est la démocratie des mots c’est le pouvoir
De tous les mots anciens il n’est plus rien resté
J’entends prolétariat devenu salarié
L’ouvrier disparaît vive le personnel
le collaborateur ou même l’employé
n’est pas celui qui fait mais celui qui reçoit.
J’entends le balayeur technicien de surface
La caissière fait hôtesse, le flic gardien d’la paix
Et patron c’est un mot qui ne fait plus très classe
Devenu entrepreneur, il nous fera rêver.
L’aveugle est malvoyant, le sourd mal entendant
Le handicap une chance pour être différent
Et ne plus dire arabe ou noir mais issu de
Ce mot énigmatique qu’est la diversité
Le vieux c’est troisième âge, plus vieux c’est quatrième
Après il n’a plus rien et la mort s’accompagne
Et des soins palliatifs nous voilà rassurés
J’entends licenciement en restructurations
Plan social, pôle emploi… Le chômeur disparaît
Dans un parcours d’accès à l’emploi désiré
Le clochard n’est plus là devenu SDF
L’usine n’existe plus c’est un établissement
J’entends mouvement social pour des occupations
La grève a ses otages, les grévistes fainéants
La bourse a des valeurs, on ne dit pas pognon !
J’entends l’argent devenu les valeurs capitales
La culture qui se vend comme une consommation
La santé qui se gère comme une belle entreprise
Trop de charges, trop d’impôts, laissez nous respirer
Caillou, 20 février 2013
On peut lire à ce sujet: LQR la propagande au quotidien d’Éric Hazan publié en 2006 chez Raisons d’agir
Un pastiche de l’Internationale…
chant révolutionnaire d’Eugène Pottier et de Pierre Degeyter
La multinationale
Debout, nous sommes les actionnaires
Debout, c’est nous qui engraissons
La bourse qui tonne en sa soupière
Sainte église ! Notre religion
Du travail faisons table rase
Seul l’argent est signe du bonheur
Maintenir le sud en esclavage
Tenir le nord en consommateurs.
Refrain :
C’est un monde idéal
Sans frontières et sans loi
La multinationale
A remplacé les rois
C’est un monde idéal
Sans frontières et sans loi
La multinationale
A remplacé les rois
Nous pillons toutes les richesses
Nos brevets volent le vivant
Sous l’soleil la terre devient détresse
Mais nous aurons nos taux de rendement
Peu importe si les gens veulent croire
Qu’ils sont en démocratie
Quand nos banquiers ont le pouvoir
L’état leur sert d’alibi
Refrain
Et quand un pays a la rage
Nos agences de notation
Le ruinent, l’enferment dans une cage
Et cela fait peur aux couillons
Tant que nous grossirons encore
L’empire sera notre futur
Après nous ce sera la mort
De cette planète sépulture
Caillou, 5 février 2011
(Avec les 6 mots de Gaby, merci pour elle!)
D’où vient ce son étrange et fort
D’où vient ce son, encore, encore
D’où vient ce son étrange et fort
D’où vient ce son, encore, encore
Je l’entends rouler sur la plaine
Où les armées sont rassemblées
Rien n’étouffera les cris de haine
De ceux qui ne veulent plus rêver.
D’où vient ce son étrange et fort
D’où vient ce son, encore, encore
Il ne faut pas changer de mesure
Il ne faut monter ni descendre
Rester la tête sous la cendre
Il faut rester là dans l’allure
Et même si cela nous chante
Ne pas céder aux tentations
et camper sur nos positions
Il ne faut monter ni descendre
D’où vient ce son étrange et pur
D’où vient ce son étrange et fort
D’où vient ce son qui crève les murs
Est-ce la colère qui nous mord
On ajoutera des musiques
des sons de basse électronique
peut-être même des grelots
ou des filles qui viendront là-haut
Quand les salariés se suicident
pour échapper à la terreur
Quand ils se jettent dans le vide
se frappent au couteau dans le cœur
se droguent, se saoulent, et deviennent dingues
Sur le silence des décideurs
On veut ce son étrange et fort
On veut crier, encore, encore.
Quand les sociétés anonymes
ayant mangé les subventions
Déménagent toutes les usines
et prennent l’ouvrier pour un con
Alors pour les acteurs du monde
Qui se retrouvent sur le tas
On veut ce son étrange et fort
On veut crier, encore, encore.
J’étais sur la route 66
dans ma Chevrolet vert et bleu
roulant au bord du précipice
je suis arrivé à l’an deux
j’avais laissé les cris de haine
tous les morceaux de la colère
là-bas au loin le vent se lève
je suis arrivé à l’an deux
L’an deux de la révolution
Quand on a détruit le vieux monde
Rien ne s’oppose aux créations
Des futurs riants du bonheur
L’an deux de la révolution
Comme c’est le seul avenir possible
Avec ce son étrange et fort
Nous chanterons, encore, encore.
Mais on ne changera pas de mesure
on ne s’arrêtera pas aux murs
on restera là dans le pur
Je tiens le mur, pas loin d’ici
Nous sommes nombreux dans ce pays
J’n’ai pas d’boulot, j’n’ai pas d’argent
et je regarde passer les gens
Le matin maman m’fous dehors
une fois qu’les petits sont partis
Elle fait l’ménage, alors je sors
J’n’ai rien à faire et j’m’ennuie
Le mur est l’abri d’la pluie.
J’ai mes copains, on joue, on rit
face à l’école de mon quartier
On reste là toute la journée
C’matin à l’entrée du ghetto
venu se poster là très tôt
y’avait trois cars de CRS
Le copain m’a dit : Pour qui est-ce ?
Et sur la grille de l’école
était accrochée une banderole : Ne touchez pas à nos enfants
Et des parents étaient devant
Il n’y a pas eu de sommation
Et sans la moindre hésitation
les flics ont chargés dans la foule
Et leur chef avait bien les boules
Il a désigné l’enseignant
qu’ils ont saisi en le tenant
mains dans le dos et par le cou
Et les enfants hurlaient partout
Ils étaient venus pour chercher
les 2 enfants d’un sans-papier
qui habite juste en bas d’chez moi
Une famille qui n’a pas de droit
Qui vient d’un pays très lointain
et où les gens crèvent de faim
tandis qu‘on envoie du pognon
à tous leurs dirigeants bidon
Les parents se sont allongés
tenant les 2 enfants serrés
Ils criaient pas en notre nom ! Ils sont sous notre protection !
Comment sortir de ce merdier se demandaient les policiers Maintenant qu’il y des journalistes
pour sortir il nous faut l’Ministre
Tandis qu’ils le t’nait par les cheveux
Le maître a crié : Heurtefeux ! ministre de l’immigration
tu n’as de français que le nom
Ton gouvernement de Pétain
rafle les enfants clandestins
comme il raflait pour le Vel’d’hiv
les français de religion juive
Mais moi je n’y comprenais rien
J’ai peur des flics ça c’est certain
C’est sur que c’est eux les plus fort
Alors jtiens l’mur et je fais l’mort
Je ne suis qu’une brindille
petit bout d’espace et de temps
qui virevolte et qui sautille
bousculée par tous les vents
Et pourtant je suis unique
dans ma peau il n’y a que moi
je ne joue pas dans la clique
des nations qui font les lois Vive le Je, vive le Moi
Je n’ai qu’une vie c’est la mienne
Je suis le chef de mes choix
de mes amours et de mes haines
Si je suis seul, toi aussi
c’est notre lot, c’est notre loi
mais on peut le vivre ainsi
sans avoir peur, sans avoir froid
Si tu sens le monde entier
d’ouvertures et de possibles
dans cet élément que tu es
chante alors cet indicible Vive le Je, vive le Moi
Je n’ai qu’une vie c’est la mienne
Je suis le chef de mes choix
de mes amours et de mes haines
Je voudrais que l’on s’unisse
cela nous rendra plus fort
sans se perdre dans les délices
de la fusion et de la mort
Nous ne sommes pas des masses
mais des éléments conscients
contre les partis et leurs traces
nous chantons allègrement Vive le Je, vive le Moi
Je n’ai qu’une vie c’est la mienne
Je suis le chef de mes choix
de mes amours et de mes haines
Caillou. 2007
Modeste hommage à Max Stirner, philosophe allemand 1806-1856.
C’est une chanson du nouveau CD du groupe « la Teigne », que nous venons de terminer, et qui va bientôt être à la vente. Pour plus d’informations aller voir sur:
De l’aut côté d’la route y’avait les bureaux d’la compta
Sam, le chef d’atelier t’a gueulé : allez l’négro, tu y vas
par dessus l’bruit des machines et des camions sur la route de Détroit
T’as pris ta vieille casquette, tu t’es retourné vers moi
et avec un p’tit sourire tu m’as dit : à la prochaine fois
par dessus l’bruit des machines et des camions sur la route de Détroit
Le premier qui t’a fauché t’a traîné jusqu’au petit bois
Les suivants t’ont écrasé, ils ne te voyaient même pas
J’ai vu qu’il y avait ton sang tout le long de la route de Détroit
Avec un livreur qui partait vers le nord, je m’suis tiré de ce sinistre endroit
Dans sa radio un vieux blues de Mayall me parlait même un peu de toi
Y m’disait que partout où j’irais j’t’emmènerais aussi avec moi.
(Sur le blues : The Death of J.B. Lenoir, de John Mayall) Caillou. 2005