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“Merlinettes” – La compagnie 808

La broche de Madeleine


Sur l’histoire des Merlinettes,

j’ai reçu une lettre formidable
et j’en fait part, avec leur accord…

Elle m’a été envoyée par l’Association de la Guerre Electronique de l’Armée de Terre.

E

Voici ce que nous savons sur la Cie 808:

Cette Cie fut créée le 1er avril 1943 à partir du Groupement des contrôles radioélectrique (GCR) d’Alger. L’origine de cet organisme remonte au 9 août 1940 (créé par le général Weygand) par le regroupement des éléments et des personnels assurant les écoutes et la radiogoniométrie du temps de paix et du temps de guerre.

Cette Cie participe à la campagne d’Italie au sein des éléments de réserve générale du commandement du Corps Expéditionnaire Français (CEF). Sa tache consiste à rechercher des renseignements par l’écoute et la localisations des stations et des réseaux radio de l’ennemi. Au cours de cette campagne, elle sera renforcée et morcelée selon les besoins opérationnels pour être enfin réorganisée le 1er janvier 1944 en 3 unités.

La 808 CER (Cie Écoute et Radiogoniométrie) en Italie, la 828 SER (Section Écoute et Radiogoniométrie) à Hydra en Algérie  et la 838 CER à Oran.

La 808 CER débarque en Provence le 16 août 1944 et suivra l’Armée du Général de Lattre  jusqu’au bout de son périple en Allemagne et en Autriche. Elle sera dissoute le 1er mai 1945 et la plus part de ses personnels dirigés sur Paris pour affectation au GCR reconstitué début 1945. Quelques uns seront affectés à la Compagnie de Transmissions 815 à Berlin pour effectuer le même travail et un petit nombre de spécialistes seront regroupés avec les autres compagnies de réserve générale pour former le 18ème Régiment de Transmissions en Allemagne.

Ce 18ème RT prendra l’appellation de 42ème RT le 1er juillet 1947. Le reliquat de la 808ème CER donnera naissance, plus tard vers 1949, au sein de la 3ème Cie du 42ème RT à une unité écoute et gonio dont la filiation en ligne directe débouchera sur le 44ème RT aujourd’hui stationné à Mutzig.

Cette Compagnie 808 est considérée comme l’unité mère de toutes les unités de “Guerre Électronique” militaires de l’Armée de Terre (le GCR étant sous la tutelle des services spéciaux).

En ce qui concerne les Merlinettes, en fonction de leur formation, il existe 2 filières.
D’une part, celles qui se sont engagées dans le tronc commun des transmissions, formées sous l’autorité du capitaine COT et de madame TRABUT.
D’autres part, celles qui se sont engagées ou ont été reversées (après les tests d’aptitude) au GCR pour devenir des opératrices d’écoutes, des secrétaires d’analyse ou des interprètes / traductrices. Ces dernières furent assujetties au secret le plus absolu sur leur travail et quasiment aucune n’a transgressé ce contrat même dans les quelques textes mémoriaux qu’elles produisirent!

Les Merlinettes de ces unités (808,828 et 838) furent employées dans de nombreux cas, notamment en Italie, aux postes les plus avancés, parmi les équipes d’observateurs d’artillerie ou camouflées dans des ruines au plus près des lignes ennemie afin de capter ou de traduire les messages des radios à très courte portée en VHF des Allemands.

Cette activité d’espionnage de l’adversaire ne s’arrête jamais, 24 heures sur 24, le casque d’écoute sur les oreilles. Aucun bruits, aucun son, aucune conversation ou aucun appel ne dois échapper à l’opérateur ou l’opératrice. Il faut se faire remplacer pour aller faire pipi ou quoi que ce soit d’autre durant son temps de veille qui dure en moyenne 6 à 8 heures.

Quelque soit l’inconfort des lieux, il faut rester discret, ne pas faire de bruit, ne pas quitter son poste, supporter le bruit de fond permanent du spectre radioélectrique directement dans ses oreilles et manger froid car la fumée, de la nourriture ou de la cigarette est prohibée.

A l’arrière, durant son temps de repos, non seulement il ne faut pas trainer pour les taches quotidiennes (repas, toilettes, lessives et entretient des matériels ou de l’armement) mais il faut aussi se taire! Pas de conversation en société sur l’activité passée, pas même avec une autre membre de l’équipe car il peut toujours se trouver une oreille indiscrète.

Si vous ajoutez à tout cela les problèmes inhérents aux personnels féminins (promiscuité avec les hommes, toilette et lessive intime chaque mois et quelques particularités du paquetage non fournies). Un  accueil particulièrement exécrable de la population Française qui les considère comme des filles à soldats ou des paillassons d’officiers alors que tous les hommes étaient accueillis en Héros. Il faut reconnaitre chez ces jeunes femmes des sacrés doses de courage, d’abnégation et de vaillance que l’on croisent rarement chez les hommes.

A toutes ces Merlinettes et plus particulièrement à celles des compagnies 808 et consoeurs, nous devons un éternel respect, une immense reconnaissance de leurs actions et la sauvegarde illimitée de leurs mémoires!

Bien malheureusement, aucun livre digne de ce nom n’a encore été publié sur leur histoire et même dans les derniers ouvrage parus elles ne font l’objet que de quelques lignes souvent truffées d’erreurs.

J’espère vous avoir apporté quelques précisions bien peu connues sur les quelques années de conflit auxquelles elles ont participé. Ces femmes, dont votre maman, furent des soldats remarquables dont le travail à permis d’épargner de nombreuses vie en décelant chez l’ennemie avec quelques heures, voir quelques minutes d’avance les choix d’attaques ou de bombardements permettant ainsi de soustraire les soldats des lignes visées. elles ont également permis, en renseignant précisément le commandement Français sur les moyens et les potentiels de l’adversaire, de mener des attaques décisives ou de choisir des itinéraires improbables.

Notre association est en charge de la partie “historique et mémoire de la Guerre Électronique” par délégation du musée des Transmissions de rennes. A ce titre, nous sommes preneur de toutes copies de documents officiels ou personnels ayant trait à ce domaine.

Cordialement
Éric Kersch

Et sur l’association:

Depuis début novembre, notre association à participé à plusieurs expositions dans notre région, l’Alsace, pour les commémorations du 11 novembre 1918 puis pour le 75ème anniversaire de la libération de Molsheim et Mutzig (26/11) ou se situe notre siège social.
Lors de ces expositions, la fille d’une Merlinette de la 808 CER, madame Divo, résidant sur place à progressivement mis à notre disposition les archives de sa maman pour en faire des copies numérique. Puis elle nous à offert des pièces d’uniforme et enfin, prenant confiance, elle nous à remis hier les cahiers de route de sa maman contenant force détails, photo et descriptions.
Pour notre association c’est un peu comme si l’on gagne le gros lot du loto sans avoir joué! c’est Noël avant l’heure! Le GRAAL!
C’est aussi la récompense de 15 années de recherche sur la Guerre Électronique Française qui elle aussi n’a pas d’histoire et aucune publication.
Enfin nous allons pouvoir donner corps et âme à ces jeunes filles qui, par devoir, sont restées d’une discrétion infinie sur les plus belles pages d’une histoire extraordinaire qui mérite de sortir au grand jour. Je vous joint deux photo de Merlinette: la première, en tenue de sortie d’hiver, provient du musée de Clerval dans le Doubs, la deuxième en tenue de sortie d’été, sur une base d’uniforme des WAC US perçue fin 1943, est celle que nous avons reçu récemment de madame Divo.

     

 

Et bien merci pour ce travail de mémoire, un grand merci ! 
Caillou, le 28 novembre 2019

le goût du couscous

Toulouse. 26 octobre 2017.
La seconde librairie d’Ombres Blanches est noire de monde. Comme je suis très en retard j’ai loupé l’introduction de la conférence de Mohamed Oubahli : « De Rabelais à Flunch, le goût du couscous». On me tend un petit escabeau. Jamais vu autant de monde rassemblé dans cette salle ! Cela déborde maintenant entre les rayons de la librairie.
« Le goût du couscous », cela attire donc tant de gens ? Tandis que j’écoute attentivement les propos du conférencier j’essaie de deviner qui est venu l’écouter ce soir-là… Des gens plutôt âgés qui ont un rapport personnel, familial, historique avec le couscous ? Des Maghrébins ? Oui, quelques-uns mais pas beaucoup. Des jeunes aussi, jeunes femmes surtout…
Sont-ils là pour fêter Horizons Maghrébins, la revue d’Habib Samrakandi qui a organisé cette soirée goûteuse et musicale ? Pour les 40 ans du service « Art et Culture » de l’Université Jean Jaurès ? Pour écouter le luth oriental de Marc Loopuyt ? Peut-être aussi le public habituel de la librairie ? Qu’importe après tout. Il y a beaucoup de monde pour un sujet rarement abordé dans ce genre de rencontre : l’histoire d’un plat.
Et puis d’ailleurs pourquoi moi suis-je venu l’écouter cette conférence ? Et là je suis très étonné car je croyais naïvement que le couscous était un simple plat d’Afrique du nord, une recette sans histoire, une coutume populaire transmise de générations en générations et se pliant par contre aux contraintes locales d’approvisionnement, de poisson ici, de choux là, de viande parfois. Or Mohamed Oubahli nous fait voyager dans toute la Méditerranée, nous a fait retourner au Moyen-âge, nous emmène au Portugal…
En particulier sur l’origine du mot couscous lui-même, nous sommes, je crois, éberlués par ce travail de fourmi, d’archiviste, de dénicheur de menus de restaurant du 19ème siècle parisien…
Et du coup, grâce à lui, la tradition du couscous devient dans nos oreilles comme un art majeur, un joyau de la cuisine au même titre que les très grands plats de la cuisine bourgeoise, le bœuf Strogonoff, la poularde demi-deuil ou le homard à l’armoricaine.

Mon rapport au couscous, à moi, c’est juste deux pauvres feuilles A4, tapées à la machine à écrire sur du papier pelure, qui ont été tellement lues, pliées et repliées, avec des taches de gras, qu’elles devraient depuis longtemps avoir rendu l’âme, si elles n’étaient pas pieusement encadrées au dessus de mon bureau.

Le couscous que je fais, une ou deux fois par an, c’est l’émerveillement devant un problème de mathématique ! Il est impossible de faire rentrer tous les ingrédients, légumes et viande que ma recette demande dans n’importe quel couscoussier familial. Il me faut sortir un ou deux faitouts supplémentaires. Et pourtant je relis à chaque fois cette phrase d’introduction : Confection du couscous algérien pour 4 PERSONNES !

C’est un couscous de l’exil destiné à être lu par des Français de France, des Francaouis.

Il a été tapé à la machine, dans les années 1960, par une secrétaire de direction venue d’Alger à Paris en 1947, après une guerre glorieuse, comme transmissioniste, entre 1943 et 1945 (Campagne d’Italie, Débarquement de Provence, Libération de la France, La bataille d’Alsace puis l’invasion de l’Allemagne Hitlérienne)
Elle avait laissé tout ce qui lui restait de souvenirs à Alger. Alors vivre en France, y fonder une famille, y recevoir en 1962 les parents « pieds-noirs » tout cela demandait des racines. Et le couscous en était une importante

Je conserve ce document unique depuis plus de 40 ans. Je le consulte à chaque fois que je fais un couscous pour mes amis et pour ma famille. C’est un document qui me fonde, totalement, et auquel je ne change rien, pas la moindre virgule. J’aime tellement ce moment où je plonge les mains dans la semoule très chaude pour y émietter les petits morceaux de beurre, pour bien mélanger ce sable jaune à la bonne odeur de cannelle avant de la remettre dans le torchon blanc au-dessus de la vapeur du bouillon. C’est toujours pour de grandes fêtes où nous sommes nombreux et pas, comme il écrit, pour quatre personnes. Mais c’est le couscous de Madeleine Safra, ma mère ! Disparue en 1973.

D’entendre Monsieur Oubahli donner au couscous de telles lettres de noblesse cela m’a fait chaud au cœur. Déguster, à la fin de la soirée d’Ombres Blanches le couscous marocain de Habib, fut un vrai couronnement. Il n’était pas aussi bon que celui de ma mère mais je crois que c’est une phrase que j’ai déjà entendue.

Merci beaucoup à cette belle équipe.

Caillou, le 2 novembre 2017

Merlinettes parachutées… suite

Un autre article de journal, du 16 juillet 2000.

merlinette

 

Article du 16 juillet 2000
Premier paragraphe / para (cha)chutiste ! (coquille)
LIBERATOR B24 (et non B14) : Quadrimoteur américain .
Elles furent parachutées d’Alger par l’OSS .
Hébergement hôtel restaurant en face de la gare.
Place de Jaude, place emblématique de Clermont-Ferrand.

Je remercie encore Jean-Georges Jaillot-Combelas
pour son envoi. Je rappelle d’ailleurs qu’il est
à la recherche de tout témoignage concernant les Merlinettes.
On peut le joindre par l’intermédiaire de ce blog en envoyant
un commentaire que je lui transmettrai.

Caillou, le 30 mars 2017

Merlinettes parachutées…

Dans cet article du journal La Montagne, paru le 11 juillet 2000, on en apprend un peu plus sur ces femmes admirables, les transmissionistes, surnommées les Merlinettes, qui combattaient contre l’occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale.
Et en particulier sur celles qui furent parachutées en France.

Article La Montagne  J-C Delaygues . Photos Pierre Couble.

MERLIN1

MERLIN2

Jean-Georges  Jaillot-Combelas
apporte quelques précisions et corrections:

Continuer la lecture de Merlinettes parachutées…

On ne s’évade jamais du monde réel.

Guy Béart est mort.

Pour l’occasion ce chanteur un peu oublié, à la voix faible, un peu mièvre (du moins dans mon souvenir) est revenu sur les ondes.

Hier j’ai entendu pour la première fois sa chanson l’Hôtel Dieu. Et brusquement je réalise qu’il y parle du décès de sa mère dans l’hôpital parisien du même nom là où, justement ma maman  disparue traînait une vieille tuberculose pendant que le quartier latin se soulevait dans l’odeur âcre des lacrymaux.

Et cette chanson résonne en moi comme si, d’un coup quarante années plus tard, tout me revenait d’un coup. Résonne en moi jusqu’aux larmes.

On ne s’évade jamais du monde réel.

Caillou 20 septembre 2015

Lire aussi: https://www.cailloutendre.fr/2005/04/lhotel-dieu-2/

lhotel-dieu

Hôtel-Dieu
Pour une femme morte dans votre hôpital
Je réclame, Dieu, votre grâce
Si votre paradis n’est pas ornemental
Gardez-lui sa petite place
La voix au téléphone oubliait la pitié
Alors, j’ai couru dans la ville
Elle ne bougeait plus déjà d’une moitié,
L’autre est maintenant immobile
Bien qu’elle fût noyée à demi par la nuit
Sa parole était violence
Elle m’a dit “Appelle ce docteur” et lui
Il a fait venir l’ambulance
Ô temps cent fois présent du progrès merveilleux,
Quand la vie et la mort vont vite
Où va ce chariot qui court dans l’Hôtel-Dieu,
L’hôtel où personne n’habite?
D’une main qui pleurait de l’encre sur la mort
Il fallut remplir quelques fiches
Moi, je pris le métro, l’hôpital prit son corps
Ni lui ni elle n’étaient riches
Je revins chaque fois dans les moments permis
J’apportais quelques friandises
Elle me souriait d’un sourire à demi,
De l’eau tombait sur sa chemise
Elle ne bougeait plus, alors elle a pris froid
On avait ouvert la fenêtre
Une infirmière neutre aux gestes maladroits
En son hôtel, Dieu n’est pas maître
La mère m’embrassa sur la main, me bénit
Et moi je ne pouvais rien dire,
En marmonnant “Allons, c’est fini, c’est fini”
Toujours dans un demi-sourire
Cette femme a péché, cette femme a menti
Elle a pensé des choses vaines
Elle a couru, souffert, élevé deux petits,
Si l’autre vie est incertaine
Et si vous êtes là et si vous êtes mûr,
Que sa course soit terminée!
On l’a mise à Pantin dans un coin près du mur,
Derrière, on voit des cheminées
Guy Béart
 

le 2 juillet 2015, un hommage à une “merlinette”: Eugénie Malika Djendi

J’ai, sur ce blog, essayé de parler d’un combat oublié: celui des engagées volontaires féminines d’Afrique du Nord, dans la seconde guerre mondiale, contre le nazisme.

https://www.cailloutendre.fr/2007/08/merlinette-2/
https://www.cailloutendre.fr/2007/08/merlinette-2-2/

En particulier des transmissionnistes, les “Merlinettes”. Ma mère, Madeleine SAFRA, en était. Or cet engagement est rarement évoqué.
Parce que ce sont les hommes, les guerriers, qui sont toujours mis au premier plan ?
Parce qu’elles n’étaient pas “gaullistes” au sens où elles ne venaient pas, pour la plupart, des FFL de Londres mais qu’elles s’étaient engagées après le débarquement allié en Afrique du Nord en 1942 ?
Parce que  leur chef, le général Merlin était un classique officier de l’armée française ?
Pourtant leurs combats pour la libération furent très importants:  Campagne d’Italie, débarquement de Provence, l’hiver 44 en Alsace et dans les Vosges, le franchissement du Rhin puis la campagne d’Allemagne pour finir, en mai 1945, par faire tomber le Reich hitlérien.

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Photo Marie-Jo Bonnet

Aussi cela fait vraiment plaisir de voir que les efforts pour que les Merlinettes  ne soient pas complètement oubliées portent aujourd’hui leurs fruits. Même si c’est tardif !

Je laisse la parole à Marie-Jo Bonnet qui sur son blog (http://mariejobon.net/) écrit:

Jeudi 2 juillet 2015, j’ai eu la joie d’assister au dévoilement de la plaque dédiée à Eugénie Malika Djendi, opératrice radio, exécutée à Ravensbrück le 18 janvier 1945 sur ordre de Berlin. Elle se trouve dans le Jardin André Citroën (15e arrondissement, métro Balard) qui porte désormais son nom.

Merci à Jean-Georges Jaillot-Combelas d’avoir été l’artisan inspiré de cette reconnaissance (bien tardive) de l’engagement des femmes dans les combats contre le nazisme.
Sur la photo: à gauche, soutenue par la nouvelle génération des opératrices radio, Anise Postel-Vinay. En face, tenant les cordon Marie-Jo Chombart de Lauwe, Michèle Agniel. Derrière avec les moustaches blanches Jean-Georges Jaillot-Combelas.
Près du drapeau, Catherine Vieu-Charier.

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Photo Marie-Jo Bonnet

Sous-Lieutenante Eugénie-Malika DJENDI 1923-1945
« Merlinette »
Opératrice radio du Corps Féminin de Transmission d’Afrique du Nord
Parachutée par les Services spéciaux d’Alger
Résistante, Déportée
Exécutée à Ravensbrück

Inauguration le 2 juillet à la mémoire de Eugénie-Malika Djendi , « Merlinette »
Photo Geneviève Zamansky-Bonin

Caillou, le 26 juillet 2015

La biographie d’Eugénie-Malika DJENDI est lisible ici:

http://www.aassdn.org/araMnbioDf-Dr.html

C’est “la bonne mère” qui a tout fait!

Fin avril 2012. Marseille. Notre Dame de la Garde. La basilique domine toute la ville.

Après la longue montée des marches on trouve un belvédère, juste devant l’édifice. Il y a ce jour là beaucoup de monde, des touristes mais aussi de nombreux  Marseillais, venus en famille. Il fait très beau et, vue d’ici, la ville est absolument magnifique.

Sur un pilier, dans l’entrée à droite, cette plaque commémorative:

Le 25 août 1944, fête de Saint Louis, roi de France, et les jours suivants, Notre Dame de la Garde a manifestement préservé de la destruction sa basilique et délivré la ville et tout le territoire. C’est elle qui a tout fait, a déclaré le général de Montsabert, qui commandait la vaillante armée de la 3ème DIA. Souvenir reconnaissant de Marseille et de la Provence

Ainsi donc les 1500 tués de la 3ème DIA, pour beaucoup des tirailleurs algériens ou des tabors marocains, dont beaucoup étaient vraisemblablement musulmans, ne sont pour rien dans la libération de Marseille. Ce ne sont pas non plus les 120 morts F.F.I, des résistants, dont certains étaient vraisemblablement communistes ou athées! Ni non plus les résistants exécutés sommairement. Pas plus que toutes les pertes civiles. … Ce n’est pas l’armée d’Afrique, ses “indigènes”, ses pieds-noirs, ses “Français libres” de de Gaulle (et ses Merlinettes), ni les Américains, ni les Anglais qui ont permis la libération de la ville…

C’est “la bonne mère” qui a tout fait!

J’espère vraiment que la pluie et le vent finiront par rendre cette plaque illisible. Elle fait honte à l’Histoire. Mais c’est souvent le cas avec les religions (toutes les religions) qui abrutissent les croyants… et désespèrent les autres.

On peut lire, sur la libération de Marseille:
www.veterans.fr/1939-1945/liberation_de_Marseille.pdf
ainsi que l’excellent:
http://www.marseille-images.net/p-liberation.html
Dont je retiens d’ailleurs cette magnifique conclusion:

Comment ne pas être sensible à ce choc de l’histoire, Marseille la porte de l’Orient ! défendue et reprise aux nazis par des Arabes, Algériens et Marocains ? Si votre voisin trouve qu’à Marseille “il y a trop d’Arabes”, rappelez-lui simplement qu’en cette fin d’été 1944, ce sont eux qui étaient à l’œuvre, qu’on ne pensait pas alors qu’ils fussent trop nombreux dans la bataille pour libérer la ville, et que leurs descendants peuvent à bon droit s’y sentir chez eux.

  Caillou, le 15 juillet 2012

Sosie de la reine d’Angleterre

 

En 1972 la reine Elisabeth d’Angleterre
visite la France.


Le journal “France Soir”, à l’époque le plus grand quotidien national, organise à cette occasion un concours de sosie. Madeleine travaille, comme secrétaire, à la rubrique féminine du même journal. Elle écrit cette lettre qui, 39 ans plus tard, à l’occasion du mariage du petit fils de la reine d’Angleterre, a toujours le don de me faire rire et de m’émouvoir:

Le 18 mai 72.
Messieurs, a ce stade et bien avant, vous devez avoir reçu des montagnes de réponses, car les lecteurs de France Soir ont certainement reconnus depuis longtemps les deux personnages « en plein cœur de l’actualité» auquel ils croient ressembler…
Mais peu de lectrices doivent se sentir autant d’affinités secrètes avec ELLE et ressemblent autant que moi (hélas ! car elle est bien moche) à la pauvre Elisabeth. En 1947, voir photo jointe, je lui ressemblais déjà lorsqu’il lui arrivait – fraîche, sympathique et presque jolie – de sourire… car moi je riais tout le temps. A cette époque lointaine (car nous avons à peu près le même âge) je ressemblais même à sa sœur Margaret, c’est tout dire !
A présent que l’une et l’autre (petites et bouffies de partout, quoi qu’on en dise) sont aussi détériorées que moi, je me demande à laquelle des deux je ressemble davantage, et si le bon roi Georges VI, tellement « timide «, «effacé» (voir France Dimanche) n’aurait pas, dans mon pays, fait quelque sottise…. Il est vrai qu’Elisabeth et moi (vive « le nivellement par le bas» !) sommes nées le même jour (21 avril) ; avons reçu (toutes proportions gardées) la même éducation puritaine, et donc aussi mal adaptée que possible à notre époque ; avons eu en même temps un fils (du même âge) ; un mari (léger) ; des responsabilités trop lourdes, etc..… etc… Toujours est-il qu’à chaque illusion perdue (et nous en avions sûrement la même dose, pour ne pas dire la même « couche» ) le même trait, sur nos deux visages, a marqué la même place (voir les pattes d’oies, les cernes, les bajoues, et surtout l’affreux losange autour de la bouche). Bien qu’il nous reste peu d’illusions cela continue (hélas) et toujours dans le même sens.
Si bien qu’avec n’importe lequel de ses horribles « bibis» je pourrais faire un double parfait de la Reine. Nous avons pourtant gardé quelque charme : Elle a, sur moi, l’avantage de son fameux « teint de pêche», mais pour un Empire (fut-il britannique…) je ne voudrais pas, j’espère bien n’avoir jamais… sa démarche de canard. Quand au prince Philip, je pourrais bien être seule à me souvenir que « le grand charles» aurait, sans conteste possible, emporté le premier prix et empoché vos 1000 francs. Il est vrai qu’il s’en serait F… balancé. Pas moi, je vous jure ! surtout si près des vacances…
Madeleine S.
PS : Je ne suis pas assez riche pour vous prouver sur photos, la ressemblance mais l’original tout proche est à votre entière disposition.