La laïcité bafouée

Le monument aux morts de Langogne, en Lozère, est franchement bizarre.

Il date de 1921. (La loi sur la laïcité date de 1905!)

Le héros principal n’en est pas ce pauvre soldat qui meurt, mains jointes, mais surtout l’ange casqué à l’auréole christique qui lui indique la voie du paradis auquel le destine son sacrifice. Jamais on a indiqué aussi nettement que ceux qui sont morts pour la patrie, pendant la Grande Guerre, l’ont été aussi pour l’Église, et tant pis si, parmi eux, il y avait des arabes, des juifs, des boudhistes, des agnostiques ou des athées. Et tant pis pour les enfants du mort, pour son épouse, pour sa famille. Le chemin du paradis ne leur est pas acquis.

Ce monument est l’œuvre d’un sculpteur surtout connu pour ses idées d’extrême-droite antidreyfusard (donc antisémite), monarchiste, pétainiste et ultra catholique: Maxime Réal del Sarte.

Lire ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Real_del_Sarte

Ailleurs, dans d’autres communes, ici à Aubrac, on peut voir des monuments aux morts plus sobres et plus sympathiques.

Pour tout ce qu’il signifie, il faut détruire le monument aux morts de Langogne. Mais ne nous leurrons pas, la laïcité est un combat permanent.
Et elle n’est pas seulement faite pour désigner les musulmans à la vindicte populaire.

Caillou, le 18 août 2012

 

2 réflexions au sujet de « La laïcité bafouée »

  1. Je vois une marianne qui assiste un soldat agonisant sur des feuilles de laurier; La république honorant ses morts.
    Un ange est toujours symbolisé avec des ailes dans le dos…
    Il me semble que l’auréole est la croix guerre de 14-18 ou la croix celte?
    C’est bien dommage de réssusciter cet affreux camelot oublié de l’histoire de l’art.
    Et puis pour un peu de polémique: Est-ce qu’on peut appliquer ton raisonnement à la grande mosquée de Paris qui fut construite en hommage aux (70 000 ?) musulmants morts pour la France…

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