Traces, absences, fantômes… Cracovie et Auschwitz

Nous quittons Lublin avec un minibus, voyage long et inconfortable. Et nous arrivons à Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, sous l’orage. Du coup nous arrivons trempés à l’hôtel que nous avions réservé:
Nous déconseillons absolument l’hôtel Heynow Hostel. La chambre pour deux est tellement minuscule que l’on ne peut pas circuler si l’autre n’est pas sur le lit. Il n’y a pas d’armoire pour ranger ses vêtements. On se cogne en permanence. Il n’y a qu’une personne à l’accueil. Les toilettes communes étaient dégueulasses dès l’après-midi et donc le lendemain matin. En pleine nuit les gens gueulaient dans l’escalier, à chaque fois qu’ils rentraient complètement saouls en se trompant de porte. Nous n’avons pas dormi. Pour le prix cet hôtel, très bien situé, est une honte pour Cracovie ! Pour un prix bien inférieur nous avons fuis au plus vite dans un hôtel plus loin du centre mais plus calme, plus propre et avec une chambre plus spacieuse.

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Épargnée par les bombardements Cracovie est très riche en édifices, églises, maison baroques et renaissances… La place centrale est gigantesque. Beaucoup de monde, des jeunes, des étudiants, des touristes, des supporters de foot.

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Nous mangeons sur un petit marché…

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Et la bière est toujours aussi bonne…

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Le lendemain nous allons en bus jusqu’au camp de Auschwitz. Le parking est noir de monde. Des cars de touristes de partout. Un peu comme le Mont St Michel ou la Tour Eiffel. On s’apostrophe dans toutes les langues.

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L’entrée du camp est gratuite mais entre 10h et 15h elle ne peut se faire sans un guide payant. En attendant l’heure de pénétrer dans le camp on peut regarder une très belle exposition de photos sur les survivants du camp.

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Nous avons vraiment craint le contraste entre la visite d’Auschwitz et la foule touristique. Or un dispositif assez ingénieux permet d’intérioriser ce que chacun voit et de faire abstraction de la foule. En effet nous sommes équipés d’un casque audio qui permet d’entendre les propos de l’excellente guide qui nous fait visiter les lieux. Elle peut ainsi murmurer et comme elle évite absolument le pathos ou la grandiloquence, on peut parfaitement  l’entendre sans déranger qui que ce soit. Et puis l’horreur absolue de ce qui est montré ici transforme très rapidement les comportements. Nous avons eu l’impression d’un grand recueillement.

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L’entrée d’Auschwitz 1

DSC00687Auschwitz 1 ayant surtout été un camp de concentration…

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Pendaisons, fusillades… Et la prison dans la prison…

 

 

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Quelques photos de déportées.
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Des jumelles polonaises. En dessous on peut lire la date d’entrée dans le camp et la date de décès, quelques semaines dans la plupart des cas.

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Qu’il ne faut pas confondre, même si il y a eu une chambre à gaz,
avec un camp d’extermination comme Auschwitz 2: Birkenau

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La sélection sur la rampe de Birkenau.
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Maquette d’une des chambres à gaz de Birkenau

Que, toujours avec la même guide nous allons visiter, à quelques kilomètres.

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En allant vers la rampe…
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La toute fin du voyage…

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Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes,
de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe,
soit à jamais pour l’Humanité un cri de désespoir  et un avertissement.

Auschwitz-Birkenau 1940-1945

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Une des chambres à gaz dynamitées par les SS lors de l’évacuation du camp.
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Une étable à déporté(e)s dans un des baraquements en brique de Birkenau.

Je conseille au sujet de cette image de voir le film de Marceline Loridan-Ivens, elle même rescapée de Birkenau, tournée en 2003 :  La Petite Prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée.

La visite guidée, bien qu’absolument nécessaire, nous ayant parue quand même trop courte, nous sommes revenus le surlendemain à Auschwitz 1, pour, après 15h, faire notre propre visite, silencieusement, à notre rythme. Il y avait moins de monde. On pouvait s’arrêter sur un point particulier.  Visiter en particulier les expositions présentées par pays. Celui de la Hollande, de la France, de la Hongrie… Je crois vraiment qu’il faut les deux moments… Du moins si on en a le temps…

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Mettre des visages sur des noms… Dans l’exposition française.

Ou, dans l’exposition hollandaise ce tract du Parti Communiste qui appelle à la grève des 24 et 25 février 1941, pour faire cesser la persécution des juifs. La seule grève massive dans toute l’Europe contre l’antisémitisme des nazis.DSC00690
(Lire à ce sujet le très bel article suivant: http://www.gauchemip.org/spip.php?article4594)

 

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À suivre : Kazimierz, donc le quartier juif de Cracovie, puis le ghetto…

Caillou, le 1er juillet 2016

3 réflexions au sujet de « Traces, absences, fantômes… Cracovie et Auschwitz »

  1. Merci Caillou de ce très beau travail tellement nécessaire. C’est très émouvant, aussi du fait que l’on est en relation vous et moi. Ce n’est pas un travail anonyme pour moi……
    Merci d’avoir fait ce voyage et de le partager…..
    Bises aussi à ton épouse.
    Marie-Ange

  2. Caillou,

    J’ai pris le temps de lire, de regarder…je suis tellement touchée…
    Tu le sais, je te le rappelle régulièrement par pour flamber de ma jeunesse (qui n’est plus d’ailleurs, à part dans le cœur pour toujours), je fais partie de celles nées en 1965 et qui, à 15 ans ont pris dans la gueule sans aucune préparation, ni débriefing “Nuit et Brouillard” qui m’a fait vivre une culpabilité au nom de l’humanité que j’ai mis 30 ans à liquider. Heureusement, que j’ai tenu et osé lire “Si c’est un homme ” 15 ans plus tard, et regarder des films pour savoir ” La liste de Schindler” “Shoah” de Lanzmann (qui vieillit mal..son témoignage le matin du Décès de Wiesel sur France Inter était…indécent..), et pour aussi reconnaître…je vais donc certainement lire “le sel et le souffre” d’Anna.
    Ton voyage de pèlerin laïque est juste grand, profond, lucide, sensible, témoin éveillé d’un pays, d’une histoire d’une culture narrées et montrées avec le regard du juste que tu es.
    Adèle ma pépette de 12 ans est la meilleure amie de sa meilleure amie..Ludmila…sa mère est polonaise, elle y va tous les ans, son chat s’appelle Trosky (désolée…!!!) et je vais lui montrer ton périple avec Adèle. Ce sera grâce à toi, la manière dont je souhaite que mes enfants n’oublient pas, par le sens, et l’émotion mais pas par le trauma comme moi…
    Merci de ce témoignage qui à mes yeux n’a pas de prix.
    Et vive la Révolution !
    Tendresse et cœur.
    Isa
    PS: sans oublier ton talent d’artiste photographe qui rend encore plus puissant le voyage !

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