Le temps et le dessin

Pourquoi poser ses valises et arrêter le temps pour, par exemple, dessiner l’église romane de Fillols ou le massif du Canigou ? (Pyrénées-orientales)

Ce serait si simple et pratique d’en faire une image avec son portable puis, après l’avoir vaguement regardée une ou deux fois, de l’enfouir dans la mémoire de son ordinateur.
Et bien je crois que ce n’est le résultat qui compte mais le chemin pour y parvenir.
Et je préfère perdre mon temps… essayer de m’exclure du temps qui passe… pour retrouver l’observation minutieuse du monde et essayer d’en dessiner chaque parcelle, chaque feuille tremblotante, chaque pierre.

Fillols
Fillols, 26 juillet 2016

9782266178747

 

Sur cette notion du temps, je suis en train de lire l’excellent petit livre de Sylvain Tesson: Éloge de l’énergie vagabonde. Ce récit de voyage est traversé de fulgurances qui me laisse rêveur. En voici une:

L’énergie humaine se nourrit de changement. 
Selon Bergson, l’ « immense efflorescence d’imprévisible nouveauté » allège la lourde marche de la « durée ». 1° 
Dans une vie, le feu routant de la nouveauté brise les chaînes de la monotonie et donne aux jours leur puissance. L ‘énergie de l’existence se trouve contenue dans la propre incertitude de son déroulement. Comme il est impossible de prédire ce qui va advenir, chaque instant se crée et se recrée et abolit ainsi toute fatalité. La joie de l’expérience intérieure est de se laisser féconder comme un terreau propice, par des émotions inconnues, portées par le vent des hasards. Au delà des destinés individuelles la grandeur de l’Histoire, sa liberté, se tient dans cette imprévisibilité des actes humains 2° 
Une décision politique provoquera ainsi une cascade de conséquences inconnues.
La vie des hommes n’est pas une science exacte, elle échappe aux lois de la physique qui conditionnent l’évolution du monde. Nul déterminisme pour la guider. Elle est dangereuse car imprédictible. 
Le principe qui s'oppose le plus radicalement à l’énergie de la nouveauté jaillissante c’est l’habitude. L’enfermement de l’être sous le couvercle d'heures et de lieux épuisés de se ressembler trop. Peguy soutient qu'« une âme morte est une âme tout entière envahie par l’encroutement de son habitude, par l’incrustation de sa mémoire ». 3°
L’énergie déserte les êtres qui connaissent trop bien les recoins du labyrinthe de leur vie, ceux qui n'attendent plus rien des instants à venir et ceux qui, par peur de l’inattendu, s’enferment dans le mur de l’habitude. À chaque tic-tac de l’horloge du temps, les parois leur renvoient l’écho du tic-tac précédent au lieu de leur chanter la musique de l’inconnu !
1° Henry Bergson, la pensée et le mouvement.
2°Sur cette notion : Hannah Arendt, le concept d’histoire la crise de la culture
3° Charles Peguy, Note conjointe sur Monsieur Descartes
Canigou
Le massif du Canigou, 27 juillet 2016.

Bonnes vacances!
Caillou, le 7 août 2016

Traces, absences, fantômes…

J’ai, comme tous les voyageurs, fait un voyage intérieur. Certains peuvent dire que l’on ne voit que ce que  l’on était venu chercher. Ce n’est pas faux. D’autant qu’avec les guides, les films, les livres, le voyage, au pire, n’est que la confirmation visuelle d’un univers imaginaire que l’on porte en soi.

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Varsovie

Et pourtant, j’aurais été surpris par l’odeur du tilleul qui est partout à Varsovie, par ses avenues larges, ses grands parcs, ses derniers souvenirs architecturaux du « socialisme réel ».

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Et pourtant j’ai été étonné par la richesse culturelle d’un pays que je connais si peu et si mal. Partout ses cathédrales, ses dômes, ses églises, ses maisons baroques toutes peintes et décorées.

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Cracovie, le Ryneck Glowny.
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Varsovie, Kosciol Nawiedzenia


Cracovie Kosciol petit

 

Cracovie St Aldebert petit

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Cracovie, Saint Aldebert.
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Lublin, la chapelle du château.

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Lublin

 

 

 

 

 

 

 

 

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Charmé par les tramways de Varsovie ou les gargottes de Cracovie,

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et la cuisine polonaise, le SLEDZ (les harengs marinés), le BARSZCZ (la soupe de betterave, le KALZKA Z JABXKAMI (le canard farci aux pommes), ou ukrainienne comme, ci-dessous, le ZARKE (goulasch cuit dans un faitout recouvert d’un chapeau en pâte feuilletée).

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J’ai aussi été Interloqué par le grand nombre de restaurants spécialisés dans la cuisine juive… Dans un pays où il y en a maintenant si peu. Comme dans le sud du Chili où l’on vend un peu partout des bijoux et des vêtements inspirés par la culture indienne (Alacalufes, Onas, Tehuelches) après les avoir massacrés en masse.

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Même si la Pologne d’aujourd’hui n’est en rien responsable des crimes commis hier et de surcroit par le nazisme allemand, ce pays reste le lieu où s’est commis le pire génocide de l’Histoire. Je le savais déjà en venant. Mais j’avais envie de le voir vraiment comme si c’était un pèlerinage, (mot que je déteste pourtant).
D’autant que le climat actuel, ici comme là-bas, comme dans toute l’Europe, porte de vives inquiétudes, avec la montée des nationalismes, des intégrismes religieux, du racisme, de la peur des migrants et, toujours présent, de l’antisémitisme.
Je suis content d’y avoir été et d’avoir pu, malgré la barrière de la langue,  malgré ma méconnaissance de sa culture et de sa littérature, entrevoir ce que la Pologne est devenue.

Je remercie Agnieszka du Brama Grodzka – Teatr NN, à Lublin et Jean-Yves Potel, à Paris  et je vous invite à lire et à relire Anna Langfus… (Le sel et le souffre, les bagages de sable, Saute Barbara). Et je termine par ce dessin d’une bougie, que nous avions allumée devant le grillage du camp d’Auschwitz. C’était pour une amie. Elle se reconnaîtra.

La bougie d'Auschwitz petit

Caillou le 3 juillet 2016, (jour ou l’on apprend la disparition d’Elie Wiesel)

Traces, absences, fantômes… Cracovie, Kazimierz et Podgorze.

Après le silence gris et glacé de Birkenau, retrouver les joies colorées et trépidantes d’une ville touristique comme Cracovie c’est un peu déconcertant.

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Nous avons changé d’hôtel et sommes allés au 24 Guesthouse, 24 rue SZLAK. Nous le conseillons vivement. C’est un peu plus loin du centre historique, au nord, mais c’est très calme, la chambre est spacieuse et c’est bien moins cher que le cloaque d’où nous venons.

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L’ancienne Halle aux draps.

Nous visitons la ville et allons en particulier Kazimierz. C’est maintenant un quartier de l’ancienne capitale polonaise mais il a été longtemps une ville à part entière, le centre de la culture juive de Pologne. C’est ce que montrait la très jolie maquette du musée Polin de Varsovie.

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Entre les deux le château Wawel, l’ancienne résidence des rois de Pologne, devenue, pendant la guerre, l’antre du Gouverneur nazi Hans  Franck.

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La synagogue Tempel, progressiste.

 

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Le marché de la place Nowy qui était le centre du quartier juif.
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La Haute Synagogue

Sur une jolie place, beaucoup de restaurants et de cafés célèbres.
Ce quartier vit beaucoup la nuit.

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Sur la place, la statue de Yan Karsky,  « Juste parmi les nations ».
C’est un résistant polonais.

Il a vu ce qui se passait dans le ghetto de Varsovie dans l’été 1942. Il a informé les Alliés que la « solution finale » donc l’extermination des juifs d’Europe avait lieu. Et ils n’ont pas voulu le croire.

Son témoignage, bouleversant est à voir dans le quatrième volet du film de Claude Lanzmann: Shoah.

Lire aussi: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski

 

 

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La vielle synagogue.

Mais toute la ville a été vidée de ses habitants qui ont été déportés dans le ghetto de Podgorze, de l’autre côté du fleuve, puis très rapidement liquidés dans les camps et en particulier dans celui, tout proche de Plaszow.
Voir à ce sujet le film de Spielberg la liste de Schindler.

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Les chaises vides de l’ancienne place d’appel de Podgorze.
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Un petit bout du mur du ghetto.

Et dans une zone industrielle nous visitons le musée Schindler qui montre la vie d’avant la guerre, à Kazimierz, et la descente en enfer…

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La dernière salle du musée Schindler pose une question essentielle: qu’aurions-nous fait à la place des témoins de la Shoah ? Et les réponses, dans toutes les langues, sont souvent très belles et étonnantes. C’est en tout cas la première fois que je vois donner la parole à ceux qui ont vu et se sont tus.

Nous retournons dans la vieille ville…

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Le beffroi de Cracovie

que j’essaie de dessiner…

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Cracovie Beffroi petit
Le beffroi de Cracovie

 

 

 

 

 

 

 

A suivre: Le retour à Varsovie.

Caillou, le 2 juillet 2016

Traces, absences, fantômes… Cracovie et Auschwitz

Nous quittons Lublin avec un minibus, voyage long et inconfortable. Et nous arrivons à Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, sous l’orage. Du coup nous arrivons trempés à l’hôtel que nous avions réservé:
Nous déconseillons absolument l’hôtel Heynow Hostel. La chambre pour deux est tellement minuscule que l’on ne peut pas circuler si l’autre n’est pas sur le lit. Il n’y a pas d’armoire pour ranger ses vêtements. On se cogne en permanence. Il n’y a qu’une personne à l’accueil. Les toilettes communes étaient dégueulasses dès l’après-midi et donc le lendemain matin. En pleine nuit les gens gueulaient dans l’escalier, à chaque fois qu’ils rentraient complètement saouls en se trompant de porte. Nous n’avons pas dormi. Pour le prix cet hôtel, très bien situé, est une honte pour Cracovie ! Pour un prix bien inférieur nous avons fuis au plus vite dans un hôtel plus loin du centre mais plus calme, plus propre et avec une chambre plus spacieuse.

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Épargnée par les bombardements Cracovie est très riche en édifices, églises, maison baroques et renaissances… La place centrale est gigantesque. Beaucoup de monde, des jeunes, des étudiants, des touristes, des supporters de foot.

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Nous mangeons sur un petit marché…

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Et la bière est toujours aussi bonne…

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Le lendemain nous allons en bus jusqu’au camp de Auschwitz. Le parking est noir de monde. Des cars de touristes de partout. Un peu comme le Mont St Michel ou la Tour Eiffel. On s’apostrophe dans toutes les langues.

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L’entrée du camp est gratuite mais entre 10h et 15h elle ne peut se faire sans un guide payant. En attendant l’heure de pénétrer dans le camp on peut regarder une très belle exposition de photos sur les survivants du camp.

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Nous avons vraiment craint le contraste entre la visite d’Auschwitz et la foule touristique. Or un dispositif assez ingénieux permet d’intérioriser ce que chacun voit et de faire abstraction de la foule. En effet nous sommes équipés d’un casque audio qui permet d’entendre les propos de l’excellente guide qui nous fait visiter les lieux. Elle peut ainsi murmurer et comme elle évite absolument le pathos ou la grandiloquence, on peut parfaitement  l’entendre sans déranger qui que ce soit. Et puis l’horreur absolue de ce qui est montré ici transforme très rapidement les comportements. Nous avons eu l’impression d’un grand recueillement.

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L’entrée d’Auschwitz 1

DSC00687Auschwitz 1 ayant surtout été un camp de concentration…

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Pendaisons, fusillades… Et la prison dans la prison…

 

 

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Quelques photos de déportées.
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Des jumelles polonaises. En dessous on peut lire la date d’entrée dans le camp et la date de décès, quelques semaines dans la plupart des cas.

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Qu’il ne faut pas confondre, même si il y a eu une chambre à gaz,
avec un camp d’extermination comme Auschwitz 2: Birkenau

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La sélection sur la rampe de Birkenau.
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Maquette d’une des chambres à gaz de Birkenau

Que, toujours avec la même guide nous allons visiter, à quelques kilomètres.

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En allant vers la rampe…
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La toute fin du voyage…

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Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes,
de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe,
soit à jamais pour l’Humanité un cri de désespoir  et un avertissement.

Auschwitz-Birkenau 1940-1945

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Une des chambres à gaz dynamitées par les SS lors de l’évacuation du camp.
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Une étable à déporté(e)s dans un des baraquements en brique de Birkenau.

Je conseille au sujet de cette image de voir le film de Marceline Loridan-Ivens, elle même rescapée de Birkenau, tournée en 2003 :  La Petite Prairie aux bouleaux, avec Anouk Aimée.

La visite guidée, bien qu’absolument nécessaire, nous ayant parue quand même trop courte, nous sommes revenus le surlendemain à Auschwitz 1, pour, après 15h, faire notre propre visite, silencieusement, à notre rythme. Il y avait moins de monde. On pouvait s’arrêter sur un point particulier.  Visiter en particulier les expositions présentées par pays. Celui de la Hollande, de la France, de la Hongrie… Je crois vraiment qu’il faut les deux moments… Du moins si on en a le temps…

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Mettre des visages sur des noms… Dans l’exposition française.

Ou, dans l’exposition hollandaise ce tract du Parti Communiste qui appelle à la grève des 24 et 25 février 1941, pour faire cesser la persécution des juifs. La seule grève massive dans toute l’Europe contre l’antisémitisme des nazis.DSC00690
(Lire à ce sujet le très bel article suivant: http://www.gauchemip.org/spip.php?article4594)

 

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À suivre : Kazimierz, donc le quartier juif de Cracovie, puis le ghetto…

Caillou, le 1er juillet 2016

Traces, absences, fantômes… Majdanek

Toute la population juive de Lublin a disparu. Mais où? Et bien une très grande partie a été massacrée dans le camp d’extermination, tout proche de Majdaneck. 235 000 victimes.

Pour aller voir ce camp, à 5 kilomètres, on peut prendre le trolley-bus N°156, en haut de la ville, à côte de la porte de Cracovie, mais attention, il y a deux arrêts « Majdaneck » et il vaut mieux s’arrêter au second.

Dès l’arrivée on voit le monument gigantesque qui domine les lieux de cet immense camp.

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Je ne vais pas décrire notre visite car ce qui est le plus épouvantable ne passe pas par les mots. Nous étions très peu nombreux ce matin là. Le ciel était gris…

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l’extérieur de la chambre à gaz
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La salle précédant la chambre à gaz.
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L’entrée de la chambre à gaz
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L’arrière du bâtiment
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Le bâtiment de la chambre à gaz en 1945
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Une des entrées du camp de concentration.

Beaucoup d’autres « blocks » en bois se visitent. Avec des documents, des photos, quelques films. et puis, tout au fond du camp un bâtiment en briques…

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Les fours crématoires.
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La montagne de cendres dans le monument en forme de coupole.

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Et puis, juste une image, des enfants juifs du ghetto de Lublin, pieds nus, souriants, à côté d’un soldat allemand qui photographie.

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Autant dire que l’on ne sort pas de là indemne. On a beau « savoir » ce qui s’est passé là, l’émotion qui nous saisit devant l’horreur épouvantable du crime qui y a été commis est bien au-delà. Nous n’avons pas toujours retenu nos larmes.

A suivre: Cracovie

Caillou, le 30 juin 2016

Traces, absences, fantômes… Lublin

Lublin est une ville historique, dans l’est de la Pologne, avec un vieux quartier en pente, le château en face sur une colline et tout autour le quartier juif dont la plus grande partie a été détruite par les nazis, transformé en espaces verts.

Nous y logeons dans un monastère dominicain transformé en hôtel, le Dom Na Podvalu. Il est situé juste sous les remparts. D’un côté le château de l’autre côté la ville…
Quel confort, quel calme! Grande chambre, superbe petit déjeuner… 

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Hôtel Dom na Podwalu, en contrebas

Le centre historique de Lublin est traversé par la rue principale, la rue Grodska, ouverte par une porte fortifiée, la porte de Cracovie, avec, au centre la place du marché, le Ryneck.

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Elle  est  refermée par une autre la porte Grodska, où se trouve l’association que je venais voir: le teatr NN.

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Cette association travaille depuis des années sur la mémoire juive de Lublin. C’est donc à la fois une sorte de musée avec des expositions permanentes et temporaires et un centre de documentation qui permet de reconstituer, à l’aide de photographie et de documents la vie des communautés juives qui habitaient pour un tiers cette ville polonaise avant la Shoah. Rue par rue, numéro par numéro, nom par nom, le teatr NN essaie de nommer et parfois de donner un visage à tous les disparus. Voir ici leur site, en polonais: http://teatrnn.pl

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La rue Lubartowska

Anna Langfus était née à Lublin. Dans une partie de la ville que les nazis n’ont pas détruite.  Rue Lubartowska.

En mars 1941, Anna, son mari ainsi que toute sa famille sont expulsés de cette maison pour être enfermés dans le ghetto.

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panneau exposé dans le musée de Majdanek
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La rue Cyrulicza

Ils s’entassent dans des chambres rue Cyrulicza. Elle arrive à fuir pour Varsovie, peut-être avec sa mère et son mari, mais le ghetto est liquidé, en plusieurs actions et ses habitants disparaissent en mars 1942.

Je me promène un peu dans ces lieux, séparés de la vieille ville par une voute.

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A quelques pas de l’animation du centre ville, de ses terrasses éclairées, les traces lépreuses de ce quartier sont encore bien visibles.

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Dans le musée du teatr NN on peut voir la maquette de la ville de Lublin avant la destruction du ghetto et la disparition des 46 000 juifs qui y vivaient.

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A suivre: Majdanek, le lieu de la disparition.

Caillou, le 29 juin 2016

Traces, absence, fantômes… Varsovie

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Je reviens de Pologne. Ce n’est pas un voyage facile et agréable. Bien sûr on peut aller visiter ce beau pays touristique, ses villes du moyen-âge, ses églises en bois, ses  forêts profondes… Mais ce n’était pas le but de mon voyage. J’y allais pour voir le pays d’Anna Langfus dont j’ai déjà parlé sur ce blog. Pour mettre des paysages, des lieux, peut-être des visages, sur cette histoire terrible qu’elle raconte dans ses livres et que son biographe, Jean-Yves Potel, détaille dans Les disparitions d’Anna. Depuis des années ce voyage s’imposait. Je vais donc essayer de le raconter ici, avec des images et parfois des conseils, (en vert) pour celles et ceux qui cherchent des renseignements pratiques.

Nous sommes arrivés à Varsovie le 6 juin au soir. Nous avions choisi l’Hôtel OKI DOKI qui se trouve sur la place Dąbrowskiego, dans le centre. C’est une sorte d’auberge de jeunesse très ouverte colorée et sympathique. Beaucoup de chambres avec des dortoirs, d’autres individuelles, toutes décorées. Ce n’est pas luxueux mais c’est convivial. Et Le prix lui aussi est plutôt sympathique.

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Dès le lendemain nous partons à la découverte de la ville. Entièrement détruite pendant la seconde guerre mondiale, son architecture en damier est donc celle des années cinquante. Avec de très larges avenues qui se coupent au cordeau on peut y voir l’héritage de l’urbanisme soviétique mais c’est aussi le cas des villes françaises reconstruites comme Brest ou le Havre.

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À Varsovie la vielle ville historique a été reconstruite à l’identique, d’après les dessins et les peintures baroques. On a donc un peu l’impression d’y évoluer dans un décor de cinéma.

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Tous les musées sont fermés le mardi. Il fait beau. Nous nous promenons donc dans le vieux quartier. 

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C’est de bonne heure. Il n’y a pas encore beaucoup de touristes. Juste quelques excursions de scolaires, (comme d’ailleurs nous en avons vus tout au long de notre voyage). Sur la place du marché, le Ryneck, encore calme à cette heure, des enfants jouent devant la statue de la sirène qui est l’emblème de la ville.

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Au nord du quartier nous en sortons par la barbacane et les remparts…

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et nous découvrons la statue du petit combattant, qui est un hommage à l’insurrection de Varsovie de l’été 1944.

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Avec son casque énorme et son pistolet trois fois trop grand, ce gosse est émouvant.

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Et puis plus au nord, au coin des rues Franciszkana et Zakroczmska nous découvrons la première trace du ghetto. C’est une photo qui montre le mur qui barrait la rue à cet endroit. Et l’on se rend compte de l’immensité du ghetto…

le ghetto de Varsovie 2

Nous pénétrons dans les rues, toutes reconstruites après guerre, de ce quartier nord de la ville.

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Sur une grande place nous voyons la silhouette massive du tout récent musée de l’histoire juive de Pologne, le musée Polin et en face le monument aux héros de l’insurrection du ghetto du printemps 1943.

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Cet art pompeux de la période stalinienne montre des héros plutôt bien nourris…

Puis nous recherchons, encore plus au nord du quartier, l’Umschlagplatz, ce lieu où les nazis rassemblaient les juifs pour les entasser dans les trains qui les emmenaient vers les camps d’extermination.

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C’est un monument bien plus émouvant et plus sobre, sur les bords d’une grande avenue passante. Il comporte des centaines de prénoms de victimes… Tout autour la vie continue, les passants tracent leurs chemins, les autobus klaxonnent… Il est midi.

Nous allons manger dans la vielle ville. Au Restaurant Goscinec, juste en face du rempart. Et nous découvrons les Pierogi. Ce sont des sortes de raviolis farcis. Ils peuvent être frits ou cuits à la vapeur. Nous les avons choisis farcis aux épinards pour l’un et aux choux et aux champignons  pour l’autre. La bière (à la pression) était de la Zywiec. Elle est assez douce. Après ce très bon et copieux repas nous allons digérer sur la grande place du Ryneck devant toutes ses maisons baroques.Numériser

Il y a maintenant beaucoup de monde, des touristes, des Polonais mais aussi et surtout des dizaines d’enfants amenés là en groupe par leurs écoles. Ils se précipitent pour acheter des pétards à un marchand ambulant et effaroucher les pigeons… Alors nous allons nous promener dans la ville moderne, ses larges avenues, ses gratte-ciel et ses magasins de mode…

Le lendemain nous allons visiter le musée Polin. C’est incontournable. Il montre l’histoire des juifs en Pologne depuis plus de 1000 ans. Donc c’est très grand. Une première partie, didactique, avec beaucoup de documents, des mannequins, des reconstitutions, des maquettes. On y apprend aussi beaucoup sur l’histoire de la Pologne. Jusqu’au 20 ème siècle et la richesse culturelle, politique, sociale que représentait le peuple juif en Pologne, avec toutes ses diversités et même ses oppositions. Mais c’est est aussi l’occasion de découvrir l’antisémitisme polonais d’avant-guerre, le numerus clausus pour éjecter les juifs de l’enseignement, les violences contre les magasins, les pogroms, les meurtres. Et puis, et c’est cela surtout que nous étions venu chercher, après l’invasion de la Pologne en 1939 comment les nazis ont organisés les ghettos puis la destruction physique des juifs de toute l’Europe en choisissant la Pologne comme le lieu principal de l’extermination.
On en sort éprouvés. Nous avons beau savoir par les livres, les films et les photos tout ce qui s’est passé ici, c’est toujours aussi impressionnant et incompréhensible.

Nous mangeons à la cafétéria du musée. C’est un self service ce qui est pratique car on peut voir ce que l’on va manger, ce qui est bien quand on ne lit pas le polonais et très peu l’anglais. C’est vraiment très bon et frais. 

Plus tard, à la fin de notre voyage, nous allons aussi voir, à l’autre bout du ghetto, un petit bout du mur qui a été conservé. Ce n’est pas facile à trouver car c’est dans l’arrière cour d’un bâtiment au 55/59 de la rue Sienna.

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On peut aussi aller voir le musée de l’insurrection de Varsovie. C’est un peu patriotique, anticommuniste, revanchard. Il glorifie la Pologne résistante et en particulier l’AK. Mais c’est très bien fait, avec énormément de documents et de mise en situation. Malheureusement quand nous l’avions visité il y avait énormément de visiteurs et en particuliers des groupes scolaires et c’est vite devenu éprouvant…

A suivre: LUBLIN.

Caillou, le 28 juin 2016

 

Les confondants…

Une longue réponse au billet précédent: Les amalgameurs

Ce que tu dis est en partie vrai sur la « mise à l’écart » du drame absolu, de l’atrocité des attentats, mais je ne pense que cette tendance ait l’ampleur que tu lui donnes : le discours du « au fond, on l’avait bien cherché, avec nos guerres au Moyen-Orient » ou bien « Charlie Hebdo l’avait bien cherché avec les caricatures » est peu répandu ! Pour ma part, je n’appréciais pas la tournure un peu néocons’ (pour le dire rapidement) de Charlie ces dernières années, et je fais un lien (incontournable !) entre la situation au Proche-Orient et les attentats, mais je n’accepterais pas qu’on me soupçonne, pour cela, de relativiser l’atrocité des meurtres commis lors des attentats.
Quand tu dis que la « pensée de gauche » ne veut pas « critiquer ou remettre en question l’islamisme politique », je ne suis pas d’accord non plus. Qui, parmi nous et dans l’ensemble de la gauche de gauche, n’est pas prêt à condamner le sexisme, l’homophobie, la répression syndicale dans n’importe quel pays, arabo-musulman ou non ? Qui, au sein de la gauche, n’a pas souhaité le succès plein et entier des Printemps arabes ? Je pense qu’en général nous ne regardons pas assez ce qui se passe dans d’autres pays, mais ce n’est certainement pas par frilosité ou par peur de se confronter à l’islamisme radical… de mon point de vue, c’est aussi lié aux rapports particuliers de la France avec les pays arabes en général, rapports qui ont pu être riches et fraternels après les décolonisations, mais qui sont aujourd’hui au plus bas – mais c’est une autre question.
Le problème selon moi, au fond, c’est que tu considères que les problèmes liés à l’islam sont les mêmes ici que dans les pays où cette religion est majoritaire : c’est une vision un peu culturaliste (voire essentialiste, pour le coup !). En tant que marxistes, je pense que nous devons nous pencher avant tout sur les conditions matérielles d’existence des musulman(e)s en France, qui appartiennent dans leur majorité aux classes sociales les plus dominées – sans emploi, salariat précaire, etc. Là est notre travail, sans tomber dans un angélisme béat, bien entendu, et sans voir dans l’islam un projet politique d’émancipation – mais à part le PIR et autres groupuscules de l’ultra gauche, qui se fourvoie là-dedans ?
Et plus globalement, je pense fondamentalement qu’il n’y a aucun problème avec l’immense majorité des musulman(e)s en France, mais qu’ils et elles sont dominé(e)s et que la gauche, en ce moment, préfère pencher du côté de l’essentialisme islamophobe plutôt que de « faire son boulot », qui devrait être de proposer une perspective politique aux dominés – seul moyen de barrer la route aux impasses de l’islam politique.
Pour finir, je crois que ce qui me chagrine le plus, c’est que tu mettes les propos de Valls et de Shlomo Sand sur le même plan… alors que ce dernier, qui se situe, comme il le dit, dans l’héritage de l’humanisme des Lumières, a affirmé à plusieurs reprises, à la conférence, le danger de l’islamisme radical (en plus de la nécessité de ne pas remettre en question l’existence d’Israël)…
J.

Et ma réponse à mon contradicteur:

1er paragraphe :
Le poids des attentats est visible partout, dans tous les débats, dans chaque repas de famille, dans toutes les conversations sauf dans un milieu très particulier et c’est de celui là que je parle, celui de la gauche radicale, militante, un peu cynique, qui se croit au dessus du peuple, dont elle estime qu’il est manipulé par les médias.
2ème paragraphe
A cette partie de la gauche (transversale à nos organisations) je pose une question : faites vous l’amalgame entre l’Islam et l’islamisme ? Confondez vous les musulman(e)s et les islamistes ? Avez vous à ce point peur qu’on puisse croire que vous hurlez avec les loups islamophobes ? Condamner le sexisme, l’homophobie, la répression syndicale, c’est bien, mais oser désigner l’ennemi islamiste totalitaire qui, au nom de la religion, opprime les femmes, les homos et les athées ce serait mieux.
Tu vois bien que nous sommes là très loin du débat réducteur sur le voile (Hidjab) des jeunes femmes. Dounia Bouzar qui se bat pied à pied contre la radicalisation des adolescent(e)s sourit quand on la ramène à la question du voile. Il y a longtemps qu’elle estime qu’il faut foutre la paix à ces jeunes femmes. La question du voile est déjà largement dépassée.
3ème paragraphe
Sur la question du « là-bas » qui n’est pas « l’ici », je crains que ce ne soit un argument spécieux. Certes les conditions de vie des gens ne sont pas identiques mais par contre l’ennemi est rigoureusement le même. Ce sont les mêmes organisations politiques de l’islamisme qui « là-bas » et « ici » se battent pour imposer leur vision du monde.
J’en profite pour dire que je ne suis pas marxiste mais Bakouninien ou Proudhonien. Il y a eu tellement de marxistes qui ont fait dire tout et n’importe quoi à Marx que sa tombe, dans le cimetière de Highgate à Londres, est à l’origine de plusieurs tremblements de terre. Ma formation politique s’est faite avec Daniel Guérin.
4ème paragraphe
L’immense majorité des musulman(e)s sont dominés. La-dessus nous sommes bien d’accord. Mais cela n’en fait pas une couche sociale. Et ce n’est pas la domination qui rend une couche sociale historiquement révolutionnaire c’est son rapport à la production. Tout se passe comme si cette gauche radicale avait remplacé le prolétariat mythique du XIXème siècle par un nouveau mythe, celui de la domination. Un nouvel ouvriérisme sans ouvriers.
5ème paragraphe
J’ai lu Shlomo Sand (Comment fut inventé le peuple juif) et j’admire son courage concernant Israël, mais tu oublies de dire la réprobation de la salle lorsqu’il a dit, à cette conférence, que Israël comme « état de fait » ne devait pas être remis en question. Et puis, mais il est vrai que je suis parti avant la fin, son explication de l’islamophobie, au début de sa conférence a évacué les attentats et l’islamisme, mettant surtout l’accent sur le glissement intellectuel de la judéophobie à l’islamophobie par une poignée d’intellectuels de médias.

 

Il me reste maintenant une question et elle est essentielle : Quel est l’ennemi premier ? Nous allons tous répondre en chœur : le capitalisme. (Moi aussi) Quel est son bras armé? Le fascisme.
Si tu définis l’islam politique comme un fascisme alors tu dois réfléchir à la défaite du Parti Communiste Allemand qui, avant 1933, a répondu par le refus du Front unique face au nazisme, ce qui a permis à Hitler d’arriver au pouvoir. Ce n’est qu’en 1936 et sur cet anéantissement du plus grand PC d’Europe, que nait la tactique du Front Populaire. Et c’était trop tard.
Pour moi (mais je suis loin d’être seul) l’islamisme est un fascisme, un poison extrêmement dangereux, et nous devons le combattre avec toutes celles et ceux qui en sont les premières victimes, musulmans ou pas.
Car l’islam politique que ce soit le salafisme, les frères musulmans ou le Hezbollah chiite:
1° C’est un totalitarisme qui englobe une seule vision du monde et n’admet aucune autre interprétation.
2° Il est basé sur la domination et la violence.
3° Il se construit sur la frustration sexuelle (relire Wilhelm REICH. La Psychologie de masse du fascisme) Mais je sais que sur ce point tu n’as pas soutenu Kamel Daoud !
Alors, pour conclure, je ne sais pas ce qu’il faut faire politiquement mais ce n’est certainement pas fermer les yeux, mépriser l ‘émotion populaire, et prendre des vessies pour des lanternes en signant n’importe quoi.
Culturellement je défends comme je peux l’apport culturel du Maghreb, ses écrivains, ses cinéastes, ses musiciens, ses journalistes et (nous*) voulons montrer que cet apport est un enrichissement mutuel pour la culture française. La culture est contre le totalitarisme. Elle permet de comprendre l’autre. Elle est pour l’amitié entre les peuples.

Non à l’islamophobie mais non à l’islamisme !

 

Caillou, le 18 avril 2016

Les amalgameurs

Les amalgameurs

Beaucoup de braves gens estiment que les attentats islamistes poussent l’opinion publique à l’amalgame entre Islam et islamisme, entre musulmans et terroristes. Et de fait on constate une vague d’islamophobie générale.

Mais l’amalgame entre Islam et islamisme n’est pas le seul fait d’une xénophobie déguisée sous la notion d’islamophobie. Cet amalgame devient aussi le pivot central d’une pensée de gauche qui, par peur de l’islamophobie, ne veut pas critiquer ou remettre en question l’islamisme politique.

La conférence de Shlomo Sand, à la Bourse du Travail de Toulouse le 11 avril, et son public, chauffé à blanc par un sentiment pro-palestinien sans nuances, en sont une des dernières illustrations locales.

D’un côté nous avons le premier ministre Vals qui assimile l’antisionisme à un antisémitisme et prend donc fait et cause pour le CRIF contre la campagne BDS (et je précise que je suis outré de ces propos !) et de l’autre un orateur qui n’explique la montée de l’islamophobie que par la volonté de détournement des questions sociales ou par des intellectuels de médias dévoyés comme Houellebecq, BHL ou Finkelkraut.

Dans ce concert d’amalgames essentialistes la voie des victimes du terrorisme islamiste algérien (GIA) des années 90 devient inaudible, même si elles étaient souvent de religion musulmane. (200 000 morts !) La voie des féministes (par exemple égyptiennes ou tunisiennes) qui se battent pour la liberté et les droits des femmes contre la terreur des fondamentalistes ne s’entend plus. La gauche radicale se tait dès qu’il s’agit de soutenir les démocrates, les syndicalistes, les féministes et les homosexuels qui, là-bas sont pourchassés par la montée de l’Islam politique.

Par contre, ici, chaque propos maladroit (comme celui de Laurence Rossignol, déléguée des Droits des femmes, qui voulait montrer le caractère d’oppression du voile islamique) est monté en épingle, détourné, réduit au seul discours d’exclusion.

L’émotion populaire qui a suivi des attentats de Paris et de Bruxelles est ridiculisée, uniquement vue comme une manipulation médiatique et politique pour obtenir l’état d’urgence, plus de contrôle social et détourner l’attention des vrais problèmes sociaux

Gouverné par « Le Monde Diplomatique » et « Politis » cette gauche radicale se fourvoie dans l’amalgame qu’elle entend dénoncer. Elle amalgame elle même les musulmans et l’islamisme.

Refuser l’amalgame islam–islamisme d’où qu’il vienne, c’est être aux côtés des syndicalistes tunisiens, des démocrates algériens, des féministes égyptiennes, des homosexuels marocains bref de toutes celles et ceux qui aspirent à la liberté, qu’ils ou elles soient croyants, musulmans, chrétiens, juifs ou non croyants.

Caillou, le 16 avril 2016

 

Les femmes laïques s’organisent et « Coup de soleil Midi-Pyrénées »

Tournant historique dans la lutte contre l’intégrisme musulman :
les femmes laïques s’organisent 

par Marieme Helie Lucas, sociologue et coordonnatrice de Secularism Is A Women’s Issue

Lire ici: http://sisyphe.org/spip.php?article5234

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L’association Coup de Soleil midi-Pyrénées s’exprime sur la censure de Kamel Daoud:

SOUTIEN A KAMEL DAOU

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L’association « Coup de Soleil Midi-Pyrénées » affirme son total soutien au romancier et journaliste algérien Kamel Daoud dans la polémique engendrée par son article : « Cologne, lieu de fantasme » paru dans Le Mondedu 31 janvier dernier.
Un collectif d’intellectuels et d’universitaires, au travers d’une pétition paru le 5 février traite Kamel Daoud d’orientaliste, d’islamophobe, voir de soutien à l’extrême droite raciste allemande et européenne, parce qu’il relève que les incidents de Cologne et d’Allemagne lors des fêtes de la Saint Sylvestre (agressions sexuelles sur des femmes par des inconnus vraisemblablement d’origine maghrébine) sont liés à la culture machiste, renforcée par l’islamisme dominant, qui baigne une grande partie de la jeunesse mâle du Maghreb.

Nous disons tout d’abord que Kamel Daoud met le doigt sur un vrai problème et que notre profonde amitié pour le Maghreb et sa culture, tous les liens qui nous lient aux trois pays de Maghreb, ne nous aveuglent pas. Oui, nos 3 pays de Tunisie, du Maroc et de l’Algérie sont confrontés à un système d’éducation patriarcal qui favorise les garçons et qui entraîne, malgré tous leurs combats, la domination légale et pratique des femmes. Ce type de société que dénonce Kamel Daoud, il le connait bien puisqu’il en est issu.

A Cologne, les féministes allemandes refusent que les agressions sexuelles commises par des immigrés soient récupérées par l’extrême droite. Nous l’affirmons avec elles : quelle que soit l’identité de l’agresseur, nous sommes aux côtés des femmes victimes de violence et d’agressions sexuelles.

images-2Nous affirmons que Kamel Daoud, menacé de mort dans son propre pays par une fatwa islamiste, survivant de la centaine de journalistes, de femmes, de cinéastes, d’enseignants, d’actrices,  de dessinateurs et de dessinatrices assassiné(e)s par les intégristes pendant la décennie noire est, avec Boualem Sansal et Rachid Boudjedra, un homme courageux et clairvoyant et que son combat contre l’obscurantisme est le nôtre.

Unknown-4Enfin nous condamnons ceux qui veulent le faire taire. Ce n’est pas au nom d’une nécessaire solidarité avec les migrants, au nom d’un refus des thèses de l’extrême droite européenne et du racisme que l’on doit inverser les valeurs, se liguer avec les islamistes, nier les droits des femmes ici comme là-bas, et fermer les yeux sur les réalités du monde que l’islamisme construit à nos frontières.

Bienvenue aux migrants, mais, sans angélisme: « Non à la violence contre les femmes ».

Coup de Soleil Midi-Pyrénées

http://midi-pyrenees.coupdesoleil.net