Tous les articles par Caillou

Denise Vernay

Denise, une fidèle de ce blog, qui disparaît …

A Bâle, en Suisse, dans les années 50. Denise est à droite. Ma mère à gauche
A Bâle, le carnaval, dans les années 50. Denise est à gauche. Ma mère à droite
En 1959, et où ?
1959
En 1962, à Sarcelles. La mamichka est derrière.
1962
L’hiver 1962 à Sarcelles.
L’été 1963, en Dordogne, avec mon père
1963
1980 à Croissy avec mon fils
L’ouverture d’un squat avec le DAL et AC! en 1997
Venise en 1996
Venise en 1996
Venise en 1996
Venise en 1996
Venise en 1996
Amsterdam 1997, pour la Marche Européenne contre le chômage.
A Croissy, en 1996 ou 1997
1997, les mots croisés du Monde
1998
1998
1998
2004. Militante pour le logement social.
2005
2006
2007
2007
2007
2007
2009
2010
2010
2011
2015
2015
2016
2016

On ne dit jamais assez aux gens que l’on aime qu’on les aime.

Caillou, le 15 août 2018

La terre des morts

J’entends une publicité sur “France inter”, radio publique donc radio commune. (Si j’en crois la nouvelle idéologie des biens communs) :
                               Jamais un polar ne vous aura autant torturé de plaisirs
Il s’agit de la dernière œuvre de Jean-Christophe Grangé, «La terre des morts».
                                Avec son nouveau polar « La Terre des morts », Jean-Christophe Grangé frappe fort et entraîne le lecteur dans les bas-fonds de la nature humaine. Le commandant Stéphane Corso se retrouve chargé d’une enquête particulièrement sordide. Autour de meurtres crapuleux de strip-teaseuses, nous voilà plongés dans les méandres du porno d’une rare violence, celui où les limites n’existent pas et où toutes les déviances sont possibles. http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/livres/la-terre-des-morts-jean-christophe-grange-de-plus-en-plus-noir-03-05-2018-7695504.php

Je vais tenter de rester simple et calme :

– Cette « littérature » du toujours plus éveille en chacun de nous la part de monstruosité que la civilisation et la culture ont mis des milliers d’années à juguler.

– L’extension infinie de la sphère du commerce exige maintenant que l’on se plie à toutes ces perversions à condition que l’on paie son livre, sa place de cinéma, sa redevance télé…

– Il y a un écho étrange entre nos indignations devant les faits divers les plus glauques, les plus sordides et les plus monstrueux, et cet engouement pour le « encore plus » de la littérature policière en générale et du noir en particulier.

– Nous traversons une période historique dramatique ou la violence sociale, politique, économique se généralise et où la radicalité s’installe : fondamentalisme, nationalismes, fascisme, racisme, haines de toutes sortes. La liberté de l’internet qui permet les diffusions de toutes les pires idéologies fonctionne à plein rendement. Ce n’est pas un hasard si le monstre collectif qui s’éveille ainsi sous nos yeux se nourrit de toutes ces parts d’ombres individuelles que la littérature « noire » caresse dans le sens du poil.

– Trente secondes de publicité à France Inter entre 7h30 et 8h coûte 12 700 € HT (http://www.radiofrancepub.com/wp-content/uploads/2018/05/Tarif-National-Mai-2018.pdf) C’est donc avec des publicités telles que:
                          Il force des prostituées à se donner la mort elles-mêmes
que la radio « publique » va survivre…

Pour la dignité de toutes et tous et y compris des prostitués, je préfère me torcher avec le nouveau “livre” de Granger.

Caillou, le 1er juin 2018

W.A.Wellman, suite et peut-être fin.

Buffalo Bill est un film de commande qui date de 1944.
C’est une hagiographie un peu sirupeuse du personnage très connu de l’Ouest américain, le tueur de bison mais aussi l’ami des Indiens. Je trouve que les scènes de bataille sont vraiment magnifiques, mais j’avoue avoir réglé mon téléviseur en noir et blanc pour ne pas en voir les couleurs très laides. L’intérêt de ce western humaniste et mièvre est certainement le discours sur les Indiens. En voici un extrait:

Je ne crois pas comme le général Sherman qu’un bon Indien est un Indien mort. D’après ce que j’ai vu l’Indien est un Américain légitime. Il se bat pour les siens, pour sa terre, pour sa survie, comme tout Américain le ferait. Si vous connaissiez les Indiens, si vous pouviez les voir vous-mêmes comment ils défient la nature avec pour seul outil leurs mains nues, vous ne le forceriez  pas à rompre les traités pour suvivre. Mais le mal vient de là. Vous les gens de l’Est agissez sans savoir et voilà pourquoi nous les gens de l’Ouest et les Indiens  en avons souffert. Le seul Indien que vous connaissez et auquel vous avez pensé c’est l’Indien qui est sur votre monnaie.  

Lire ici une excellente critique sur ce film.


Franchement mauvais la joyeuse suicidée (nothing sacred) qui date de 1937 est une comédie où une jeune femme (Carole Lombard) devient célèbre parce qu’elle doit mourir d’un empoisonnement au radium alors qu’il s’agit d’une erreur de diagnostic. Un journaliste à sensation (Fredric March) fait monter la mayonnaise. C’est bavard, vieillot, mal joué, pas drôle et mérite d’être oublié.


Plus intéressant Une étoile est née, (A star is born ) de 1937 avec le même Fredric March et Janet Gaynor montre le rêve d’Hollywood pour Esther, une jeune provinciale et comment elle réussit tandis que son compagnon, un acteur très célèbre, sombre lui dans l’alcool et l’oubli. Ce film, très célèbre à l’époque, a été souvent l’objet de “remakes”. En 1954 avec Judy Garland, en 1976 avec Barbra Streisand et, prévu pour 2018, avec Lady Gaga. Du coup cette histoire a un goût de déjà vu… Mais j’aime beaucoup la scène désopilante dans le camping car.


Très mauvais, à mon goût L’ennemi public de 1931 avec James Cagney et Jean Harlow  est surjoué. Il fait des grimaces comme un clown (qui doit être vu de loin) et la blonde platinée se dandine dans le satin. Les situations sont convenues, l’image est plate, le noir et blanc plutôt gris et la morale sirupeuse à souhait. Ce n’est pas un film noir, un film de gangster, bien qu’il s’en donne l’air. C’est une projection poussiéreuse d’un vieux film lors d’un après midi triste dans un hangar dédié au catéchisme.


L’allée sanglante, qui date de 1955 est dans un tout autre genre:  le film d’aventures, qui met en scène un capitaine plein de courage (John Wayne) et une américaine perdue (Lauren Bacall) qui vont sauver tout un village chinois de l’oppression communiste. La vision américaine des “communistes” est du plus haut comique. Mais L’allée sanglante est quand même un film intéressant. D’abord par sa couleur, qui est moins chromo que dans les films précédents (Au-delà du Missouri de 1951), par ses scènes de combat avec un très grand nombre de figurants, et par la multiplicité des personnages qui, comme dans beaucoup de films de Wellman, sont campés avec une vraie profondeur.


Et enfin Bastogne, qui date de 1949, un film de guerre quasiment documentaire et qui retrace la vie d’une section d’infanterie lors de la bataille des Ardennes en 1944. Le noir et blanc y est superbe et les images sont souvent d’une beauté incroyable. Chaque personnage est caractérisé, surprenant et Wellman évite absolument les situations prévisibles et convenues. Curieusement je trouve que Bastogne est visuellement un plus beau film de guerre que Story of G.I. Joe qui date de 1945. On y retrouve aussi le thème de l’absence de la femme. Ces héros ont peur, ils vont être sacrifiés, ils le savent et l’émotion est très présente.

Voilà, je vais m’arrêter là. J’aurais beaucoup aimé voir les premiers films de Wellman, et surtout Others Men’s Women (1931) L’Ange blanc (1931) La Petite Provinciale (1936)  La Lumière qui s’éteint (1939) Le rideau de fer (1949) mais c’est un peu difficile à trouver en DVD.

Caillou le 22 mai 2018

W.A.Wellman, “Track of the cat” “Beau Geste” et “The story of G.I.Joe”

Track of the cat (1954) de W.A.Wellman est un film curieux.

C’est une sorte de western décalé.
Un huis-clos sur une famille déchirée, en pleine tempête de neige dans un ranch perdu en pleine montagne. L’ambiance angoissante et malsaine où règne dehors la peur d’une sorte de panthère noire et dedans la division entre les 3 frères dont l’aîné est un rustre dominateur, la sœur vieille-fille, la mère tyrannique, le père alcoolique, la fiancée du plus jeune frère totalement dominé et un vieil indien silencieux.
Un théâtre un peu lent, intime, enfermé et qui repose beaucoup trop sur les dialogues. En contrepoint les scènes dans la montagne à la recherche du fauve sont plus silencieuses. Mais la musique est quasiment permanente comme elle était très souvent dans le cinéma hollywoodien de l’époque et là c’est franchement détestable.
Il y a dans ce film un travail spécifique sur la couleur. Wellman désirait faire un film en couleur mais sans couleur. Les seules teintes fortes du film sont la veste rouge de Curt (Robert Mitchum) et la chemise jaune de la fiancée (Diana Lynn). Les paysages de neige et de montagne sont en noir et blanc. D’ailleurs la photographie est très belle, en particulier par les cadrages très soignés.
Malgré des personnages très fouillés et un jeu d’acteurs qui m’a semblé très juste cette histoire ne m’a pas du tout, du tout, intéressé. Ah, oui, j’oubliais! Le DVD réédité de Track of the cat contient des bonus très intéressants sur W.A.Wellman.


Beau geste (1940)
Avec Gary Cooper en légionnaire, c’est un film que l’on peut ne pas voir. Film d’aventure qui commence comme un “Cluedo” à l’Agatha Christie et se finit dans un Sahara de pacotilles, il est bourré de stéréotypes. Les personnages sont convenus et l’intrigue capillotractée.
Cette époque se passionnait pour la Légion Etrangère “La Bandera” (1935) avec Jean Gabin, “Un de la légion” (1936) avec Fernandel, “Raphaël le tatoué” (1938) mais j’en ai rarement vu d’aussi mauvais que Beau geste. En dehors de belles photos en noir et blanc, il peut rester dans le tiroir des films oubliés.


Par contre l’incontournable The story of G.I.Joe sorti sous le nom Les forçats de la gloire mérite vraiment d’être vu ou revu. Tourné en Californie en 1945, donc loin des lieux, il s’agit d’un hommage aux combattants américains de la seconde guerre mondiale.

Le film est quasi documentaire. Il raconte l’histoire d’une compagnie de fantassins américains de leurs premiers combats, en Tunisie, jusqu’à Rome, en passant par la Sicile, la bataille de Salerne et surtout l’interminable hiver 1943 devant Monte Cassino.

 

 

À travers le regard d’un correspondant de guerre, Ernest Pyle, (Burgess Mérédith) on voit la vie quotidienne de ces hommes commandés par le capitaine Walter (Robert Mitchum).
Aucun lyrisme, aucun pathos, juste de la souffrance, de la fatigue, de la boue et des copains qui meurent.
On ne voit presque aucun corps. W.A.Wellman tourne ces scènes avec des ellipses où tout se comprend sans être vraiment vu. C’est d’ailleurs beaucoup dans les regards que cela se passe, beaucoup plus que dans les mots. Une scène en particulier est frappante. Il s’agit d’un mariage improvisé au milieu des ruines. (La mariée est d’ailleurs Dorothy Coonan, l’épouse de Wellman, déjà vu dans Wild boys of the road). Il s’agit donc d’un joli moment d’évasion et de paix au milieu de cette vie misérable. Mais le silence qui suit le départ des jeunes mariés en dit long, surtout dans le regard de ces soldats loin de leurs épouses ou amies, de leurs familles, de leurs enfants.

Ce n’est donc pas un film de guerre mais un film sur la guerre, aussi beau vu du côté américain que Quand passent les cigognes vu du côté soviétique. (Mikhaïl Kalatozov 1957). Pour Samuel Fuller The story of G.I.Joe est “le seul film adulte et authentique” produit par Hollywood pendant la seconde guerre mondiale.

Et en plus The story of G.I.Joe est visible sur Youtube, ici.

Caillou, le 7 mai 2018

W.A.WELLMAN, suite et “Wild boys of the road”

Je passe rapidement sur des films de Wellman qui me paraissent moins importants, voir carrément mauvais, mais bon, c’est subjectif.

Frisco Jenny qui date de 1932 raconte l’histoire d’une mère maquerelle qui se retrouve confrontée à un procureur et à qui elle ne peut pas dire qu’il est son fils, abandonné plusieurs années auparavant.
Le thème est rebattu dans la littérature de gare “sentimentale”. Par ailleurs les costumes que portent l’héroïne et ses “filles” sont on ne peut plus ridicules, dans le genre plumes et frisottis. Tout cela baigne dans l’invraisemblance et le tape à l’œil. Reste, en contraste, le portrait sans maquillage de l’héroïne (Ruth Chatterton) juste avant son exécution, qui me fait penser à la Jeanne d’Arc de Dreyer (1928).

Tout aussi sentimental mais en plus délirant le film Safe in Hell (1931) très mal traduit à sa sortie par le titre La Fille de l’enfer mais qui serait plutôt Sauvée en enfer, raconte l’enfermement sur une petite île des Caraïbes d’une ancienne prostituée, Gilda (Dorothy Mackaill) accusée d’un meurtre qu’elle croit avoir commis. Elle y attend son sauveur, un brave marin, dans un hôtel au milieu d’une bande de mâles en rut. Un ramassis d’escrocs réfugiés, comme elle, sur cette île dont le gouvernement n’a signé aucun accord d’extradition. Tous les personnages sont un peu stéréotypés ainsi que le flic qui les surveille. Cela sent le carton pâte et les jeux d’acteurs trop appuyés, peut-être encore ceux du cinéma muet ?
Un blues, Sleepy Time Down South sauve un peu le film. Il est chanté par Leonie (Nina Mae McKinney) on peut l’entendre ici, mais pas tout au début, attendre un peu :

Un film de guerre, patriotique Thunderbird,
traduit par Pilotes de chasse avec Gene Tierney.
Il date de 1942.
Les couleurs en sont affreuses, les blagues stupides, l’intrigue sans intérêt. Il s’agit d’une œuvre de propagande destinée à soutenir l’armée américaine dans l’effort de guerre.
Avec quelques belles vues d’acrobatie aérienne ce film peut plaire aux amateurs d’aviation. Mais je conseille de le regarder en réglant son téléviseur sur noir et blanc…

 

 

Et puis le superbe Wild boys of the road.


C’est un film qui date de 1933.
Deux jeunes garçons insouciants, lycéens d’une petite ville du Middle West, réalisent que la crise économique frappe maintenant directement leurs propres familles. Une mère veuve qui fait des ménages et a travaillé “quatre jours en cinq mois” pour l’un, une famille effondrée par le licenciement du père et qui ne peut plus payer aucune traite pour l’autre, l’obligation de se nourrir à la soupe populaire… il est évident qu’ils doivent quitter le lycée et même partir ailleurs pour chercher du travail.

Les photos de Dorotéa Lange et Walker Evans

Nous sommes dans l’époque de “la grande dépression” américaine, celle “des raisins de la colère” (Steinbeck) des photos de la FSA (Dorothéa Lange,Walker Evans…) et des chansons de Woody Gurthrie.
Ils prennent donc un train de marchandises en marche et après une nuit glaciale et sans savoir du tout où ils se trouvent ils font la connaissance d’un troisième larron qui s’avère être une fille.

Le film nous montre que tous les trains de marchandises sont pris d’assaut par les migrants à la recherche d’emploi. (Calais?) Mais les arrêts dans les gares, voir même en pleine cambrousse,  sont le lieu des arrestations musclées par les nervis de la police ferroviaire (Menton) et des milices. (le col de l’Échelle). On les appelles des “Hobos”
Il leur faut tout le temps courir pour fuir les coups de matraque et l’un d’entre eux y perdra d’ailleurs une jambe. Voir clip sur youtube

Une autre, isolée, sera violée dans un wagon et les jeunes tueront le chef de train agresseur.


Jusqu’au moment ou ils se révoltent et résistent à l’oppression dans une sorte de camp retranché au milieux des poubelles. Ils bombardent les flics avec des cailloux.

Mais ils doivent fuir sous les pompes à eaux…
Pourchassés, matraqués, manipulés, rackettés, violées, ces jeunes de 1933 ressemblent beaucoup aux jeunes du collectif “Autonomie” de Toulouse de 2018, ces “jeunes isolés étrangers” jetés à la rue par des services sociaux censés leur venir en aide. Voir sur Médiapart

La fin du film est un happy end stupide, sorte de concession à la morale hollywoodienne, de l’époque, avec, comme dans “Héros à vendre“, une discrète allusion à Roosevelt comme seule perspective d’espoir.

Comme film social, comme film politique, cette œuvre de W.A.Welleman est certainement une des plus fortes et émouvantes.  Voici une des dernières phrases du film, elle est d’une brulante actualité:

Pourquoi on rentre pas chez nous? Parce que nos parents sont pauvres et au chômage et qu’on a pas de quoi manger. Pourquoi rentrer chez nous et mourir de faim? La prison est censée nous tenir à l’écart? C’est faux! Vous ne voulez pas nous voir! Vous voulez nous oublier! Impossible! Il y en a des milliers comme moi ! Et il y en a de plus en plus ! Les gens parlent de gens qu’on aide. On aide les banques, les soldats, les brasseries et aussi les fermiers! Et nous? On est des gamins! On parcourt le pays pour trouver du boulot. Vous croyez que c’est par plaisir? Allez-y enfermez moi! J’en ai marre d’avoir faim et froid, marre des trains de marchandises! La prison ne sera pas pire que la rue! Alors allez-y!

Caillou, le 3 mai 2018

PS: Pour répondre à plusieurs “abonné(e)s” de ce blog, la plupart
de ces films sont à la médiathèque José Cabanis de Toulouse.  
Certains sont visibles également en VOD sur Internet

 

W.A.WELLMAN: “L’étrange incident” et “Héros à vendre”

L’étrange incident

Dont le titre américain est “The Ox-Bow Incident” est un western, de 1943, qui raconte l’histoire d’un meurtre collectif, un lynchage.

Peter Fonda y est dans l’un de ses meilleurs rôles, silencieux, amer, désabusé, mais il n’est qu’un personnage parmi d’autres car il s’agit là aussi d’un film choral. Le vrai personnage du film c’est la foule de ces  hommes, (une seule femmes parmi eux), assoiffés de vengeance et qui vont commettre l’irréparable.

L’atmosphère y est poisseuse, lourde d’angoisse, et les multiples personnages y sont très bien campés.

Chacun est caractérisé, (peut-être un peu trop), et rempli un rôle social et dramatique qui participe à l’histoire collective. Car personne ne sort vraiment  indemne cette histoire. Toute la ville est responsable. Il y a bien un opposant, un commerçant de la ville, qui essaie d’entrainer le juge, en l’absence du sheriff absent.

Mais le juge à trop peur de ne pas être réélu et préfère s’abstenir, face à la colère des citoyens. Quand à l’adjoint du shérif il fait parti des plus excités. Il suffit alors d’un homme pour prendre la tête de la meute, un ancien militaire, pour que la bande meurtriers soit au complet.

Juste avant le lynchage par pendaison de ces trois pauvres bougres ils ne seront que sept à lever la main pour s’y opposer. Et il s’agit plus d’une abstention que d’un vrai refus car ils ont participé à la chasse à l’homme. Le coup de théâtre final (que je ne ne raconte pas) sonne comme la vraie morale de ce film qui n’est vraiment un western mais plutôt un film noir. Et qui reste d’actualité dans le débat  toujours présent entre le droit et la vengeance.

Malheureusement, pour ce film, le producteur a imposé à Welleman le tournage en studio et cela se voit dans les décors et s’entend  et dans les dialogues de la seconde moitié du film. Mais  c’est quand même un vrai bijou qui mérite d’être revu.

Une dernière scène est très importante, la lecture par Fonda de la lettre d’un des pendus. Elle est entièrement tournée en cachant les yeux du lecteur ce qui oblige le spectateur à écouter vraiment ce qu’il lit. Ce procédé est utilisé plusieurs fois par Welleman dans d’autre films et en particulier dans Héros à vendre, dans la scène de la prison.

Deux excellentes analyses, (bien plus profondes et fortes que je ne peux le faire) sont à lire ici:
– http://thisismymovies.over-blog.com/2015/12/l-etrange-incident-1943-de-william-wellman.html
et http://www.dvdclassik.com/critique/l-etrange-incident-wellman


Héros à vendre

Un film de 1933 qui raconte le parcours d’un homme, Tom Holmes, (Richard Barthelmess) dans l’Amérique de la crise économique de 1929. Son histoire commence pendant la première guerre mondiale ou les USA sont entrés en 1917. Dans de superbes images de la guerre des tranchées Welleman dénonce tout de suite la stupidité des “missions suicides”.

Tom Holmes grièvement blessé est fait prisonnier. Son acte de bravoure est revendiqué par un lâche. À la fin de la guerre Tom retourne en Amérique mais il est devenu morphinomane pour calmer ses douleurs. Il commet un vol dans la banque où il est employé pour payer sa drogue. Il est licencié et envoyé en cure de désintoxication.

Il rencontre alors une merveilleuse jeune femme, Ruth,  interprétée par Loretta Young (cf mon billet précédent sur la rose de minuit) qui travaille dans une blanchisserieet les locataires de la pension de famille tenue par Mary (Aline MacMahon), dont un ingénieur allemand communiste, Max, (Robert Barrat).
Tom est embauché dans la blanchisserie. Il devient père. Tout va bien.

Mais l’ingénieur invente une sorte de machine à laver industrielle qui finit par mettre tout le personnel au chômage ce qui entraîne un mouvement social violent contre la misère et Tom, malgré lui, en passe pour un des leaders.

Ruth meurt dans l’affrontement. La scène de l’émeute où elle est tuée est absolument stupéfiante! Ne serait ce que pour cette scène et celle de la tranchée, ce film doit absolument sortir de l’anonymat et de l’oubli.

Tom est emprisonné pour cinq ans comme agitateur.

Son ami ingénieur devient très riche par son invention. Il n’est donc plus du tout anti-capitaliste et bien contraire méprise totalement les chômeurs assistés. Il met de côté la part qui revient à Tom sur les bénéfices de l’invention et lorsque celui-ci sort de prison Tom découvre la situation épouvantable des pauvres dans l’Amérique de la crise.

La pension de famille est devenu un centre d’aide aux pauvres, une soupe populaire.

Tom qui ne veut pas toucher la fortune accumulée, qu’il considère tachée de sang, la donne à Mary pour qu’elle puisse continuer son œuvre caritative.
Il est constamment surveillé comme “rouge”, doit quitter la ville et il devient un chômeur vagabond comme les autres dans l’immense masse des déshérités.
Vers la fin du film il donne une sorte de morale optimiste sur l’Amérique qui renaîtra avec la politique de Roosewelt.

C’est donc un très beau film social et politique plein d’humanisme. Qui dénonce les lâches, les embusqués, l’industrialisation, la violence sociale, la chasse aux sorcières et… les communistes!

“Toute l’Amérique doit laver son linge sale”

Caillou, le 29 avril 2018

Un très bel article sur Welleman: http://www.sunrise54.fr/425613868

 

W.A.WELLMAN, un réalisateur rebelle et féministe.

Je découvre W.A.Wellman grâce à la diffusion de Convoi de femmes sur ARTE.

C’est un film admirable. La multitude de personnages secondaires, l’aspect choral et féministe en font un film très curieux. Les femmes en sont les véritables héroïnes. Même si la fin est un peu nunuche, comme un retour à la vraie vie du machisme dominant, cela reste une pépite dans le cinéma américain.

 

Du coup je regarde La ville abandonnée, du même réalisateur.

Là aussi le personnage féminin central, interprété par Anne Baxter est très fort, bien plus vrai et beau que ce ramassis de mâles dominés par leurs pulsions.

Là, il y a certes un héros positif incarné par Gregory Peck, mais il ne l’est pas pendant toute la moitié du film, il ne le devient qu’au contact de la fille et de son grand père. La photographie y est superbe. La scène avec les indiens apaches qui traversent la ville en silence et qui sont plus de pauvres gens que des sauvages féroces est presque surréaliste. Par contre la fin de La ville abandonnée est absolument navrante. Elle est ridicule et me semble être une concession au moralisme d’Hollywood.

Plus ancien, de 1933, la Rose de Minuit est aussi un film où le personnage central est une femme.

Description de la misère, de l’injustice, des maisons de correction puis de la délinquance et de la prison, la lutte de cette femme (Loretta Young) pour survivre passe par les hommes et leurs lois. Mais c’est elle qui finalement tue son souteneur. Là aussi le happy-end final est moral et irréaliste. Peu importe. Le noir et blanc est magnifique. Reste aussi les adorables flous vaporeux sur le visage de la vedette et les éclairages très soft des années 30. Tout cela a bien vieilli et pourtant, malgré le temps et l’oubli le regard de Loretta Young lorsqu’elle ment pour sauver son amant est toujours aussi beau et troublant.

Une dernière chose: les débuts de La ville abandonnée (1949) et de L‘étrange incident (1942) avec Henry Fonda, sont presque identiques. Des cowboys harassés et poussiéreux débarquent dans un bar et regardent fascinés et silencieux un grand tableau d’une femme lascive accroché au dessus du comptoir.

Ils sont venus pour boire et ne peuvent même plus commander leurs whiskies.

Que veut nous dire W.A.Wellman dans ces deux scènes d’introduction et donc de présentation des personnages ?

 

Que l’absence de femmes dans le Far West est un terrible malheur qui les ampute et les réduit au silence ? Il me semble que cette séquence répétée annonce surtout Convoi de femmes qui paraîtra en 1951.

Bref, je découvre en ce moment une filmographie très riche, celle de W.A.Wellman
et je m’en délecte par avance. Je vous tiens au courant…

Caillou, le 22 avril 2018

Sur convoi de femmes:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Convoi_de_femmes

Sur la ville abandonnée:
http://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.fr/2010/12/la-ville-abandonnee-yellow-sky-william.html

Sur la rose de minuit
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rose_de_minuit
http://playitagain.unblog.fr/2013/09/20/rose-de-minuit-midnight-mary-–-de-william-a-wellman-–-1933/

Sur l’étrange incident:
http://www.dvdclassik.com/critique/l-etrange-incident-wellman

 

le goût du couscous

Toulouse. 26 octobre 2017.
La seconde librairie d’Ombres Blanches est noire de monde. Comme je suis très en retard j’ai loupé l’introduction de la conférence de Mohamed Oubahli : « De Rabelais à Flunch, le goût du couscous». On me tend un petit escabeau. Jamais vu autant de monde rassemblé dans cette salle ! Cela déborde maintenant entre les rayons de la librairie.
« Le goût du couscous », cela attire donc tant de gens ? Tandis que j’écoute attentivement les propos du conférencier j’essaie de deviner qui est venu l’écouter ce soir-là… Des gens plutôt âgés qui ont un rapport personnel, familial, historique avec le couscous ? Des Maghrébins ? Oui, quelques-uns mais pas beaucoup. Des jeunes aussi, jeunes femmes surtout…
Sont-ils là pour fêter Horizons Maghrébins, la revue d’Habib Samrakandi qui a organisé cette soirée goûteuse et musicale ? Pour les 40 ans du service « Art et Culture » de l’Université Jean Jaurès ? Pour écouter le luth oriental de Marc Loopuyt ? Peut-être aussi le public habituel de la librairie ? Qu’importe après tout. Il y a beaucoup de monde pour un sujet rarement abordé dans ce genre de rencontre : l’histoire d’un plat.
Et puis d’ailleurs pourquoi moi suis-je venu l’écouter cette conférence ? Et là je suis très étonné car je croyais naïvement que le couscous était un simple plat d’Afrique du nord, une recette sans histoire, une coutume populaire transmise de générations en générations et se pliant par contre aux contraintes locales d’approvisionnement, de poisson ici, de choux là, de viande parfois. Or Mohamed Oubahli nous fait voyager dans toute la Méditerranée, nous a fait retourner au Moyen-âge, nous emmène au Portugal…
En particulier sur l’origine du mot couscous lui-même, nous sommes, je crois, éberlués par ce travail de fourmi, d’archiviste, de dénicheur de menus de restaurant du 19ème siècle parisien…
Et du coup, grâce à lui, la tradition du couscous devient dans nos oreilles comme un art majeur, un joyau de la cuisine au même titre que les très grands plats de la cuisine bourgeoise, le bœuf Strogonoff, la poularde demi-deuil ou le homard à l’armoricaine.

Mon rapport au couscous, à moi, c’est juste deux pauvres feuilles A4, tapées à la machine à écrire sur du papier pelure, qui ont été tellement lues, pliées et repliées, avec des taches de gras, qu’elles devraient depuis longtemps avoir rendu l’âme, si elles n’étaient pas pieusement encadrées au dessus de mon bureau.

Le couscous que je fais, une ou deux fois par an, c’est l’émerveillement devant un problème de mathématique ! Il est impossible de faire rentrer tous les ingrédients, légumes et viande que ma recette demande dans n’importe quel couscoussier familial. Il me faut sortir un ou deux faitouts supplémentaires. Et pourtant je relis à chaque fois cette phrase d’introduction : Confection du couscous algérien pour 4 PERSONNES !

C’est un couscous de l’exil destiné à être lu par des Français de France, des Francaouis.

Il a été tapé à la machine, dans les années 1960, par une secrétaire de direction venue d’Alger à Paris en 1947, après une guerre glorieuse, comme transmissioniste, entre 1943 et 1945 (Campagne d’Italie, Débarquement de Provence, Libération de la France, La bataille d’Alsace puis l’invasion de l’Allemagne Hitlérienne)
Elle avait laissé tout ce qui lui restait de souvenirs à Alger. Alors vivre en France, y fonder une famille, y recevoir en 1962 les parents « pieds-noirs » tout cela demandait des racines. Et le couscous en était une importante

Je conserve ce document unique depuis plus de 40 ans. Je le consulte à chaque fois que je fais un couscous pour mes amis et pour ma famille. C’est un document qui me fonde, totalement, et auquel je ne change rien, pas la moindre virgule. J’aime tellement ce moment où je plonge les mains dans la semoule très chaude pour y émietter les petits morceaux de beurre, pour bien mélanger ce sable jaune à la bonne odeur de cannelle avant de la remettre dans le torchon blanc au-dessus de la vapeur du bouillon. C’est toujours pour de grandes fêtes où nous sommes nombreux et pas, comme il écrit, pour quatre personnes. Mais c’est le couscous de Madeleine Safra, ma mère ! Disparue en 1973.

D’entendre Monsieur Oubahli donner au couscous de telles lettres de noblesse cela m’a fait chaud au cœur. Déguster, à la fin de la soirée d’Ombres Blanches le couscous marocain de Habib, fut un vrai couronnement. Il n’était pas aussi bon que celui de ma mère mais je crois que c’est une phrase que j’ai déjà entendue.

Merci beaucoup à cette belle équipe.

Caillou, le 2 novembre 2017

La mine de Salau.

Suite du billet précédent…

Attendre l’arrivée du canoë. C’est au port de la Daurade à Toulouse.
Voila, il arrive avec le fut, chargé de résidu de l’ancienne mine.
Débarquement
Voila l’échantillon des restes de la mine.
La manifestation part dans les rues de Toulouse
Et arrive place du Capitole. Demain il sera livré au Conséil régional. 

Caillou, le 29 octobre 2017

Mine de Salau : les opposants vont manifester jusqu’à Toulouse

Depuis la fin des années 2000, nous assistons à la relance de l’exploitation du sous-sol français, en vu d’extraire des substances minérales et des hydrocarbures, pour des raisons économiques et politiques : variation des cours et volonté de sécuriser un approvisionnement en ressources stratégiques.

 L’après-mine à Salau … plus rien ne pousse sur les terrils depuis 30 ans !
Concernant les substances minérales, ces facteurs économiques et politiques sont les suivants :
– premièrement, les prix des métaux se sont envolés (ils ont globalement triplé entre 2002 et 2008),
– deuxièmement, la Chine, dont l’Union Européenne est fortement dépendante, a réduit ses exportations de différentes substances (terres rares, tungstène et molybdène) en imposant des quotas et des taxes d’exportation dès 2004. Ces restrictions ont été utilisées comme arme économique contre le Japon lors d’un différend en mer de Chine en 2010, entraînant une inquiétude au sein des gouvernements européens et une bulle spéculative sur les marchés. Ce contexte global a amené l’Union Européenne à adopter une initiative «Matières premières – répondre à nos besoins fondamentaux pour assurer la croissance et créer des emplois en Europe», en novembre 2008. Cette initiative prévoit notamment de «favoriser l’approvisionnement durable en matières premières en provenance de sources européennes». C’est dans cette logique que le gouvernement français a multiplié les déclarations : d’Arnaud Montebourg annonçant en 2014 la création de la «Compagnie nationale des mines de France» à Emmanuel Macron en 2015 déclarant «Oui. On peut dire que la France va rouvrir de nouvelles mines». Et la démarche est déjà lancée, comme nous le verrons.

Source : Creuser et forer, pour quoi faire ? Réalités et fausses vérités du renouveau extractif en France – Rapport / Les Amis de la Terre France / Décembre 2016

 La situation à Salau-Couflens

C’est dans ce contexte que Variscan mines à déposé un Permis Exclusif de Recherche Minière (PERM) sur la commune de Salau-Couflens le 20/11/2014, un an après l’octroi du premier PERM de Tennie entre la Sarthe et la Mayenne. Variscan assure que son permis n’aura pas d’impact négatif sur l’environnement et sur le contexte social de la vallée. Au contraire, son projet serait porteur de développement économique pour le secteur concerné. La société minière « junior » se contente d’analyser les contraintes du projet de recherche alors que l’objectif final est celui d’une exploitation minière avec tous les impacts liés à ce type d’activité. Point crucial car ce permis vaut autant pour l’exploitation que pour la recherche minière.
Ce faisant, Variscan oublie au passage que cette vallée a déjà beaucoup donné à ce type d’exploitation pour l’extraction du tungstène entre 1971 et 1986 et que les habitants, abandonnés par les précédents actionnaires ont cherché d’autres types de développements, incompatibles aujourd’hui avec une nouvelle exploitation industrielle.

Pour Stop Mine Salau les enjeux sont donc multiples :

  • Faire valoir et protéger les activités économiques existantes dans la vallée du Haut-Salat qui seraient mise en danger par une prospection et une exploitation minière polluante (présence d’amiante, d’arsenic, circulation de camions).
  • Veiller à la santé des habitants du bassin versant du Salat en raison des risques sanitaires liés à la présence d’amiante et d’arsenic.
  • Refuser de mettre en danger la santé, l’environnement et l’économie locale pour le profit d’une société dont la sincérité du discours et des engagements pris nous parait fortement douteuse, notamment car ce type de société est reconnu pour s’invertir dans des projets très prometteurs pour des perspectives de spéculation financière.
 Qui est Variscan Mines ?

Variscan Mines SAS, dont le siège social est à Orléans (France), est une société (par actions simplifiée à associé unique, SASU) dont l’associé unique est Variscan Mines Limited une société enregistrée et cotée à la bourse de Sydney (Australian Stock Exchange, ASX).
Le président de Variscan Mines SAS est M. Jack Testard, le directeur général est M. Michel Bonnemaison : tous deux sont des anciens membres du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), l’établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol.

Variscan Mines est une société dite «junior», c’est à dire une société de taille modeste qui se consacre exclusivement à l’exploration minière et qui ne possède pas les moyens financiers, humains et matériels pour faire de l’exploitation (cas des sociétés dites «major»).

Une société junior se développe dans deux situations :

  • Si leurs prospections sont fructueuses et qu’un gisement s’avère exploitable, elles revendent leur permis à une société “major”.
  • Si les gisements ne sont pas exploitables, elles se retirent mais profitent de l’argent investi en bourse par des investisseurs ayant « misés » sur ces mines potentielles.

Nouvelle opération de sensibilisation de l’opinion publique. Et cette fois «à grande échelle» puisque l’association Stop-Mine-Salau (SMS) se mobilise depuis Saint-Girons jusqu’aux rives de la Garonne… avec comme destination finale le parvis de l’Hôtel de Région à Toulouse, sous les fenêtres de la présidente Carole Delga.


C’est sous la double forme « d’une marche citoyenne et une descente des rivières » que du samedi 21 au lundi 30 octobre que Stop-Mine-Salau invite tous ceux qui le souhaitent à se lancer dans l’opération baptisée « Plus/Pou Belle Rivière ». « Afin de sensibiliser les populations riveraines du Salat et de la Garonne aux pollutions laissées par l’ancienne mine de Salau et les prévenir des pollutions futures ». Avec le soutien du Comité écologique ariégeois et de l’association ariégeoise de défense des rivières « Le Chabot ».

SMS rappelle que « depuis plus de trente ans, un million de mètres cubes de déchets pollués ont été abandonnés à l’air libre sur le site de l’ancienne mine de Salau. Ces résidus miniers qui contiennent des quantités importantes d’arsenic, de bismuth, de cadmium et autres substances toxiques sont en état instable, ne bénéficiant d’aucune protection contre les incidents climatiques et les mouvements de terrains ». Des déchets stockés au dessus du ruisseau du Cougnets qui rejoint le Salat, « aujourd’hui maintenus par des digues constituées de sacs plastiques détériorés qui ont infecté les sédiments ; ceci contenant de grandes quantités d’arsenic et autres métaux lourds, sont retenus dans un bassin qui n’a jamais été vidé ». L’association dénonce une fois encore l’Etat, « en charge de l’étude et de la gestion du passif minier de Salau, il ne prend pas en compte les demandes légitimes des populations locales en termes de protection et de dépollution, mais il a délivré un permis de recherche de mine à la société Variscan concernant le même gisement ». Un PERM au delà duquel, « l’accentuation de ces pollutions se fera de manière exponentielle ! »

La prochaine descente des cours du Salat et de la Garonne doit donc marquer les esprits. «Il est très important que nos concitoyens, riverains et utilisateurs des rivières, qui sont et seront le vecteur principal de la dissémination de tous ces polluants soient informés et prennent conscience du danger».

Sept jours « pour dénoncer »

Samedi 21 octobre – Saint-Girons. Au parc du tribunal, de 10 h 30 à 14 heures, animation canoë et stand d’information.

Mercredi 25 octobre – Salies-du-Salat. A 15 heures, marche citoyenne ; à 17 heures, conférence public avec l’association ariégeoise de défense des rivières « Le Chabot ».

Jeudi 26 octobre – Cazères. A 15 heures, marche citoyenne ; à 17 heures, conférence publique avec le Comité écologique ariégeois.

Vendredi 27 octobre – Carbonne. A 15 heures, marche citoyenne ; à 17 heures, projection publique du film « Mine de rien » , suivie d’un débat.

Samedi 28 octobre – Muret. A 15 heures, marche citoyenne ; à 17 heures, projection publique du film « Mine de rien » , suivie d’un débat.

Dimanche 29 octobre – Toulouse. A 10 heures, à Saint Aubain, réunion d’information. A 14 heures, marche citoyenne depuis la Daurade jusqu’au Capitole.

Lundi 30 octobre – Toulouse. Parvis de l’Hôtel de Région : à 10 heures, rassemblement populaire, puis conférence de presse et remise d’un fût contenant  des déchets miniers pollués.

 

Tout pompé sur https://www.stopminesalau.com
Pétition sur https://www.change.org ici
Caillou, le 26/10/17