Roubaix-Guigamp

– Valérie !
Ils sont tous les 4 sur le canapé, face à la télévision et le match Roubaix-Guigamp. Mon mari c’est celui du côté droit. Il est en jooging et ses potes aussi.
– Valérie !
Qu’est-ce qu’il veut encore ? Tout le dimanche après-midi à rester affalés avec ses amis de bistrot, devant leur connerie de match au lieu d’aller se balader avec les gosses comme nous l’avions prévu, tout ça sous prétexte qu’il pleut, que le match Roubaix-Guigamp est hyper important pour son loto-foot, que ses potes sont venus pour le regarder ensemble.
– Valérie ! Tu nous apportes des bières !
Tu parles Charles, s’il ne les avait pas invités ces 3 connards, ils ne seraient pas venus. Et quand ils ont prévu de venir voir la rencontre sur notre télé, Alain ne savait qu’il pleuvrait. Résultat ? Je suis là comme une conne dans ma cuisine à regarder la pluie tomber tandis qu’il hurle dans le salon.
– Valérie ! Tu nous les amènes ces bières !
Les gamins sont dans leur chambre à jouer sur la station de jeu. Eux aussi, cela les arrange de ne pas aller se promener sur les coteaux de Pech-David.
J’entends qu’un but a été marqué. Enfin, c’est les hurlements des excités que j’entends. Putain, j’en ai franchement marre. Tous les dimanches c’est le même scénario. Sa télévision et ses potes et son foot c’est plus important que moi et les gosses.
Il entre dans la cuisine et ouvre le frigo. Il n’y en a plus de bières ! Ils ont bu tout le pack de 24 canettes. C’est pour cela que je ne lui répondais pas.
Il se retourne vers moi et m’envoie une gifle monumentale.
Je m’effondre contre le radiateur.
Il se penche vers moi et me murmure
– Salope, tu fermes ta gueule, arrêtes de chouiner, tu me fous pas la honte devant les potes.
Je retiens ma respiration.

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